ACTE TROISIÈME
Ah ! c'est donc toi, madam' Barras, Toi qui fais tant ton embarras?
T'avais déjà deux amoureux:
L'un pas Irès-jeune et l'autre vieux Mais comme t'avais pas assez d'choix, Paraît maintenant qu'y t'en faut trois!
Eh bien! prends ce beau jouvenceau»
Si t'es éprise d' son museau:
Il m'appartenait, c'est mon bien; Mais ea te le donnant pour rien, Je te le donne pour c' qui vaut.
Et c'est ben là T galant qu'y t' faut I
Prends-le po'ur qu'on en cause
Et qu'on dise partout :
C'est une pas grand' chose
Avec un rien du tout !
CHŒUR
Lei gens de la halle et Pomponnet. ANGE PITOlJ.
Bravo! c'est une commère Quel est donc ce mystère?
Qui parle comme y faut : Elle est, ou peu s'en faut,
C'est la tiir de sa mère; La fille de sa mère,
Vive marnzelle Angot 1 C'est une dame Angot.
LARIVAUDIÈRE.
J'étouffe de colère Patience ! bientôt Ici, morbleu ! j'espère Avoir le dernier mot!
MADEMOISELLE LANGE
» Mais voyez donc c't' ingénuité,
Cet ange de perversité !
N' trouvez-vous pas qu' par son jargon Eir scandaliserait un dragon?
Fallait donc ni' dir', fleur de péché, Qu'avec ton air effarouché
T'avais tout en baissant les yeux
Reluqué ce bel amoureux.
Pour que tu V gardes en ton pouvoir
Je ne me s' rais pas laissée voir:
Car pour qu'on admire les appas.
Il faut qu' les miens ne s' montrent pas.
Tu comprends, je suppose, Sans qu' ça t'étonn' beaucoup, Que près d'ia pas grand' chose
T'es une rien du tout !
LARIVAUDIÈRE.
Ab! c'en est trop. Mes compliments, ma chère.
MADEMOISELLE LANGE
Ah ! jour du ciel, qu'est-ce que c'est qu' ça?
LARIVAUDIÈRE.
Ça, c'est Larivaudière !
MADEMOISELLE LANGE
Larivaudiière I (Riant.) Ah! ah! ah! ahl
TOUS, riant.
Ah! ah! ah! ahl
LARIVAUDIERE,
La colère M'exaspère.
Tremblez! puisque je sais tout.
Patience !
Ma vengeance Va vous atteindre partout !
ANGE PITOU, A LARIVAUDIERE.
Ta vengeance !
Ton silence Vaudrait mieux à mon avis î Car, foi d'homme !
Je t'assomme Au premier mot que lu dis.