‹ La fille de ThuiskonChapitre 1 sur 108 · LE ROI DES AULNES · texte numérisé non relu

LE ROI DES AULNES

Qui voyage si tard par la nuit et le vent ? C'est le père et son fils, petit enfant qu'il serre dans ses bras pour le garantir de l'humidité et le tenir bien chaudement.

« Mon enfant, qu'as-tu à cacher ton visage avec tant 5 d'inquiétude ? — Papa, ne vois-tu pas le roi des Aulnes ? ... le roi des Aulnes, avec sa couronne et sa queue ? — Rien, mon fils, qu'une ligne de brouillard.»

— (( Viens, charmant enfant, viens avec moi ... A quels beaux jeux nous jouerons ensemble ; il y a de bien

10 jolies fleurs sur les bords du ruisseau, et, chez ma mère, des habits tout brodés d'or ! » —

« Mon père, mon père, entends-tu ce que le roi des Aulnes me promet tout bas ? — Sois tranquille, enfant, sois tranquille; c'est le vent qui murmure parmi les

15 feuilles séchées.»

— « Beau petit, viens avec moi ! mes filles t'attendent déjà : elles dansent la nuit, mes filles ; elles te caresseront, joueront et chanteront avec toi.» —

(( Mon père, mon père, ne vois-tu pas les filles du roi 20 des Aulnes, là-bas où il fait sombre? — Mon fils, je vois ce que tu veux dire ... Je vois les vieux saules, qui sont tout gris ! »

— « Je t'aime, petit enfant ; ta figure me charme ; viens avec moi de bonne volonté, ou de force je t'entraîne.» —

25 (( Mon père ! mon père ! il me saisit, il m'a blessé, le roi des Aulnes ! »

Le père frissonne, il précipite sa marche, serre contre lui son fils, qui respire péniblement, atteint enfin sa demeure. . . L'enfant était mort dans ses bras.

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