‹ La fille de ThuiskonChapitre 2 sur 108 · LE BARDE · texte numérisé non relu

LE BARDE

« Qu'entends- JE là-bas, à la porte? qui chante sur le pont-levis ? Il faut que ces chants se rapprochent de nous et résonnent dans cette salle.» Le roi dit, un page court ; le page revient et le roi crie : « Que Ton fasse entrer le

5 vieillard!

— Salut, nobles seigneurs, salut aussi, belles dames : je vois ici le ciel ouvert, étoiles sur étoiles ! Qui pourrait en dire les noms? Mais, dans cette salle, toute pleine de richesses et de grandeur, fermez-vous, mes yeux, ce n'est

10 pas le moment d'admirer.»

Le barde ferme les yeux, et sa puissante voix résonne . . . Les chevaliers lèvent des yeux en feu ; les dames baissent leurs doux regards. Le roi, charmé, envoie chercher une chaîne d'or pour récompenser un si

15 beau talent.

« Une chaîne à moi ! donnez-en à vos chevaliers, dont la valeur brise les lances ennemies ; donnez à votre chancelier ce fardeau précieux pour qu'il l'ajoute aux autres qu'il porte.

20 « Je chante, moi, comme l'oiseau chante dans le feuillage; que des sons mélodieux s'échappent de mes lèvres, voilà ma récompense; cependant, j'oserai vous faire une prière, une seule: qu'on me verse du vin dans la plus belle coupe, une coupe d'or pur.»

25 II approche la coupe de ses lèvres, il boit : « O liqueur douce et rafraîchissante ! heureuse la maison où un tel don est peu de chose! Mais, dans le bonheur, songez à moi ! . . . Vous remercierez Dieu d'aussi bon cœur que je vous remercie pour cette coupe de vin.»

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