‹ La fille de ThuiskonChapitre 11 sur 108 · CONSOLATION DANS LES LARMES · texte numérisé non relu

CONSOLATION DANS LES LARMES

« Comment es-tu si triste au milieu de la commune joie ? On voit à tes yeux que siirement tu as pleuré. lo — Si j'ai pleuré, solitaire, c'est d'une douleur qui n'afflige que moi ; et les larmes que je verse sont si douces, qu'elles me soulagent le cœur.

— Viens! de joyeux amis t'invitent, viens reposer sur notre sein, et, quelque objet que tu aies perdu, daigne

15 nous confier ta perte.

— Parmi tout votre bruit, tout votre tumulte, vous ne pouvez comprendre ce qui fait mon tourment. . . Eh bien, non, je n'ai rien perdu, quel que soit ce qui me manque !

20 — Alors, relève-toi, jeune homme ! à ton âge, on a des forces et du courage pour acquérir.

— Oh! non, je ne puis l'acquérir! ce qui me manque est trop loin de moi . . . C'est quelque chose d'aussi élevé, d'aussi beau que les étoiles du ciel !

25 — Les étoiles, on ne peut pas les désirer; on jouit de leur éclat, on les contemple avec ravissement, lorsque la nuit est claire.

— Oui, je contemple le ciel avec ravissement, pendant des jours entiers : oh ! laissez-moi pleurer la nuit, aussi

30 longtemps que je pourrai pleurer!»

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