‹ La fille de ThuiskonChapitre 14 sur 108 · LE CHERCHEUR DE TRESORS · texte numérisé non relu

LE CHERCHEUR DE TRESORS

Pauvre d'argent, malade de cœur, je traîne ici des

jours bien longs; la misère est le plus grand des maux,

la richesse le premier des biens ! Il faut que je mette fin

à mes peines, que je découvre un trésor . . . dusse- je pour

5 cela sacrifier mon âme et signer ma perte avec mon sang !

Et je me mis à tracer des cercles et des cercles encore: une flamme magique les parcourut bientôt; alors, je mêlai ensemble des herbes et des ossements, et le mystère fut accompli. Je creusai la terre à la place indiquée par 10 les flammes, siàr d'y rencontrer un vieux trésor. . . La nuit autour de moi était noire et orageuse.

Et je vis une lumière de loin; c'était comme une étoile

qui s'avançait du bout de l'horizon: minuit sonna, elle

se rapprocha de plus en plus, et je distinguai bientôt que

15 cette clarté éblouissante était produite par une coupe

enchantée que portait un bel enfant.

Des yeux d'une douceur infinie étincelaient sous sa couronne de fleurs ; il entra dans mon cercle magique, tout resplendissant de l'éclat du vase divin qu'il portait, 20 et m'invita gracieusement à y boire, et je me dis: « Cet enfant, avec sa boisson merveilleuse, ne peut être l'esprit malin.

— Bois, me dit-il, bois le désir d'une vie plus pure, et tu comprendras mes avis: ne reviens plus en ces lieux, 25 tourmenté d'une fatale avidité, n'y creuse plus la terre dans une espérance coupable; travaille le jour, réjouistoi le soir ; passe les semaines dans l'activité, les fêtes dans la joie, et des changements magiques s'opéreront dans ton existence.»

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