‹ La fille de ThuiskonChapitre 5 sur 108 · LA GRANDEUR DU MONDE · texte numérisé non relu

LA GRANDEUR DU MONDE

Je veux parcourir avec l'aile des vents tout ce que

l'Eternel a tiré du chaos, jusqu'à ce que j'atteigne aux

10 limites de cette mer immense et que je jette l'ancre là

où l'on cesse de respirer, où Dieu a posé les bornes de

la création!

Je vois déjà de près les étoiles dans tout l'éclat de leur

jeunesse, je les vois poursuivre leur course millénaire

15 à travers le firmament, pour atteindre au but qui leur

est assigné; je m'élance plus haut... Il n'y a plus

d'étoiles !

Je me jette courageusement dans l'empire immense du vide ; mon vol est rapide comme la lumière . . . Voici 20 que m'apparaissent de nouveaux nuages, un nouvel univers, et des terres, et des fleuves . . .

Tout à coup, dans un chemin solitaire, un pèlerin vient à moi : « Arrête, voyageur, où vas-tu ? — Je marche aux limites du monde, là où l'on cesse de respirer, où Dieu 25 a posé les bornes de la création!

— Arrête ! tu marcherais en vain : l'infini est devant toi.» O ma pensée ! replie donc tes ailes d'aigle ! Et toi, audacieuse imagination, c'est ici, hélas! ici qu'il faut jeter l'ancre.

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