ACTE I
LAMORINIÈRE, d'un air galant.
La jeunesse dans sa fleur et dans son inexpérience est si intéressante!., c'est ce que me disait tout à l'heure mon neveu
Robert, (à part et regardant autour de lui.) OÙ doilC est-il?., je lui
avais recommandé de ne pas la quitter. (Haut.)- Mon neveu Robert, vous l'avez remarqué, un jeune danseur qui a polké avec vous?..
HÉLÈNE
Il y en a beaucoup.
LAMORINIÈRE.
Et tous, surtout mon neveu, étaient dans le ravissement, dans l'enthousiasme.
Encore! c'est là ce qui me gêne, moi: pauvre pensionnaire, je ne suis déjà que trop timide, trop gauche, et on a la bonté de m'accabler de compliments qui me rendent plus gauche encore!.. Au lieu de rire et de m1 amuser comme j'y serais toute disposée, je suis obligée de baisser les yeux et de balbutier des remerciements dont jamais je ne peux me tirera mon honneur, c'est très-ennuyeux.
LAMORINIÈRE, à part.
Une faute que j'ai faite!.. (Haut.) De sorte que vous trouvez que vos danseurs ont...
HÉLÈNE, riant.
Une façon de danser très-singulière... j'en ai vu quelquesuns qui levaient les yeux au ciel.
LAMORINIÈRE.
En vérité!., (a part.) Ça ne m'étonne pas.
ÏÏÉLÈNE.
Un entre autres qui soupirait très-fort.
L A M 0 R I >' I É R E, froidement .
Il était asthmatique.
HÉLÈNE, ingénument .
Non... il avait l'air bien portant et dansait à merveille.
LAMORINIÈRE.
De mon temps on dansait le pas du zéphir, mais celui du soupir, c'est plus original. .. (a part.) Et mon neveu que je n'aperçois pas... Ah! enfin, le voilà!..