SCENE VII
URSULE, puis HÉLÈNE.
URSULE
Il a raison ! Trois mariages manques en une demi-heure !.. Raoul me vengera d'eux tous! Il le faut!., il le faut!.. (Elle
s'assied sur le canapé à droite; apercevant Hélène qui sort de la salle de bal.)
Ah! te voilà.
HÉLÈNE
Je te cherchais.
URSULE
Pourquoi ?
HÉLÈNE, s'asseyant près d'elle.
J'ai besoin d'un bon conseil, que je ne puis demander qu'à toi.
URSULE
Parle. Tu sais, chère enfant, si je te suis dévouée.
HÉLÈNE
Oh! oui, je n'en doute pas! et c'est pour cela...
URSULE, la pressant.
Eh bien...
HÉLÈNE, timidement.
Eh bien... c'est une idée qui m'est venue, je voudrais... je voudrais me marier.
URSULE, vivement.
Très-bonne idée! (a part.) Qui fait disparaître les dangers de la concurrence. (Haut.) Cherchons donc à nous deux et faisons un choix.
HÉLÈNE
J'ai choisi.
URSULE
Ah ! le plus difficile est fait. Et comment ne m'as-tu pas encore parlé (souriant.) de lui?
HÉLÈNE
Je ne sais. Autant j'aimais à y penser seule, autant j'éprouvais d'embarras à en parler.