SCÈNE IL M. DÉ LAMORIN1ÈRE, URSULE
URSULE^ elle va au-devant de lui d'un air gracieux.
Eh bien! mon pauvre monsieur de Lamorinière. (Elle le fait
asseoir à droite et s'assied près de lui.) Eh bien ! malgré nos efforts,
nous sommes donc battus, complètement battus.
LAMORINIÈRE.
Tout n'est pas encore désespéré, et si vous restez fidèle à notre alliance...
Pouvez-vous en douter ?
LAMORINIÈRE.
Aussi... je viens vous consulter. Que pourrions-nous faire pour calmer l'amiral. Si je payais cette* malheureuse leltre de change de dix-huit mille francs?... Qu'en pensez-vous? Cela me coûterait... mais enfin... si mon neveu me les rendait...
URSULE , réfléchissant.
Payer... dix- huit mille francs...
LAMORINIÈRE.
Ce n'est pas votre avis?
URSULE
Non, c'est inutile.
LAMORINIÈRE.
Très-bon avis, dont je vous remercie.
URSULE, à demi voix.
Et puis il vaut peut-être mieux que Robert n'ait pas sa liberté.
LAMORINIÈRE.
Vous croyez ?
URSULE
Libre... il nous nuirait... nous entraverait par ses imprudences... (Rêvant.) Il faut, pour le servir malgré lui...
LAMORINIÈRE.
Le laisser en prison?.. Que vous êtes bonne... et puis, quel tact... quel coup d'œil... C'est qu'on parlait d'un concurrent redoutable... qu'autrefois vous aviez éloigné... M. de Yallombreuse ; on disait qu'il n'avait pas perdu de temps, que dès hier il s'était remis sur les rangs... ce n'est donc pas vrai?
URSULE
Si. Mon père l'a reçu. Impossible de ne pas le recevoir; mais soyez tranquille, je suis là...
' LAMORINIÈRE.
Le malheur ne vous éloigne donc pas de vos amis ?