‹ La fille de trente ans;Chapitre 8 sur 140 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

URSULE, entrant parla gauche; LAMORINIÈRE et ROBERT

dans le jardin, au fond.

URSULE, avec agitation.

Madame! madame ! c'est la première fois qu'on m'a appelée ainsi! c'est bien à moî que le marchand a adressé ce mot !... J'étais seule dans sa boutique, par bonheur... et personne ne l'a entendu... mais on pouvait l'entendre. Il n'y a plus moyen de différer... il est temps... il est temps.... fcTentendre nommer madame, et de bonne foi, et par quelqu'un qui croyait me faire honneur!... Ah ! j'étais furieuse, je le

suis encore ! (Apercevant M. de Lamorinière et Robert, qui rentrent par la porte du fond à gauche, et prenant un ton doucereux.) Ah ! monsieur

de Lamorinière!... Eh! je ne me trompe pas! son neveu, notre ami d'enfance, monsieur Robert... Ah! je suis dans un jour heureux.

ROBERT

Je suis bien coupable, d'aller si rarement vous voir à Paris.

URSULE

Taisez-vous ! taisez-vous ! je n'ai jamais le temps de gronder mes amis. Absents, je les défends, et présents je leur pardonne.

ROBERT

Qu'est-ce que je vous disais, mon oncle, toujours la même, toujours charmante !

LAMORINIÈRE.

Est-ce que je te disais le contraire?

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