ACTE PREMIER
Au lever du rideau, lo Comte eit assis, il achève de boire un verre d'eau sucrée-.. Le Colonel est près de lut, uii bras sur la fanteuiL Jacques se tient dcrrièie, une assielie è la main.
SCKNI-: PRKMIERE.
Le comte, i.E COLONEL, JACQUES
LE COLOHEL. Kh bien! monsieur, comment vous Ironvcz-vons ?
LE COMTR. Pieu , parfaitement bien : me voilà tout-à-fait remis, ce n’était qu*uii saisi.sseincm. ( Il se lèoe, pose le verre sur Vassiettedejanfursy et lui fait si^ne de se relirrr. Jiuqui-s sort, /lu CoIumI. Je le répété: sans vous général...
LE coLOrtEt. Je ne suis que colonel.
LE COMTE. Ma voilure était brisée, et je ne sais vraiment ce qui nous serait arrivé... cet atcidenl pouvait devenir sérieux.
LE C0L0:*EL. C’est trop exagérer l’imporlanc« du service que le hasard m’a permis de vous rendre.
LE COMTE. Faites-moi l’amitié, colonel , de regarder désormais ma maison comme la vôtre, et d’admettre le comte de Morviile au rang de vos amî.s les plus dévoués...
LECOLOXRL. Eli vérîté, monsieur le comte, je suis confus...
LE COMTE. Vous habitez la capitale?
LE COLONEL. Mon régiinciit est en garnison à Autiin. Je suis absent de Paris depuis six ans. Je ne croyais pas y revenir sitôt. ..'mais un ami de ma famille m’ayant écrit que mon père venait d’éprouver un grand chagrin, que ma présence pourrait peut-être l’adoucir , j’ai obtenu du ministre de la guerre un congé.... J’arrive; j’ai quitté il y a dix minutes la diligence de Lyon dans la cour des Mes.sogeries impériales... et je me dirigeais vers la maison de mon ]>èrc , que ma pré.sence surprendra beaucoup, lorsque j'ai aperçu le danger auqtiel vous exposait la maladresse de votre corher.
LE COMTE. Colonel , je me flattais de l’es*
poir de vous po.sséder toute la journée, mais au père... et surtout un père qu’on n’a pas vu depuis long-tems mérité la préférence.
Li COLONEL. Ab! si TOUS Connaissiez ie mien... l’homme le plus respectable , le plus digne d’etre aimé...
LE COMTE. Je réclame au moins la permis.sion de me présenter chez vous...
LE COLONEL, reJusurU. Ah! monsieur le comte., je vous en prie... je ne reste à Paris que boit jours... j’ai l’ordre d’étre de retour k -\ulun 1e On parle de nous envoyer en Espagne... rejoindre la division du maréchal Mùsséna, l'enfant chéri de la victoire.
LE COUTE. Allons, allons... sur huit jours i vous m’en donnerez bien un.
LE COLONEL. Jc n’ose vous le promettre , et cependant votre insistance est trop aimable pour être payée d’un refus.
LE COUTE. A la bonne heure !
Aia : J^Ion ame à f espoir s'ahmidonne.
Nous dtnofts demam rn famille A mon château des Andelvs.
Je veux prcAcmer a ma Elle Le plus jeune de mes amis ,
Et le meilieuf tle mes amis.
Je suis cerlaio que noire fête Aura pour vous quelques appas,
Mais elle serait inromplèle Si voua ne vous y trouviez pas.
ENSEMBLE
LE COMTE
Nousdtooos demain en famille A mon château du Andelys.
Je veux présenter à ma famille Le plus jeune de mes araU ,
Kt le meilleur de mes amU.
LE COLON FX.
Auprès du père cl de la fille Je sens qu’ii est doux d’élrc admis.
Pour votre fête defaimllc,
Demain je quiltcrai P.iris,
J'irai demain aux Andcly».