DURAND, JULIENNE
JVUERNE , elle entre en courant totiU joyeuse, et tenant à su main un laju^uet de flt urs artifuielles. kW. qucc’cst joli., que c’est joli '... Des robes, des chapeaux , des fleurs, des rubans... Ma toilette sera eharmanle , qu’esl-ce que dirait donc mon bon père Durand en me voyant aircsi?
DURARD. Il dirait qu’il ne t'a jamais vue plus gentille.
jULiERNE. Ab! quel bonheur ! vous voilà.
DURARD. Ma bonne petite Julimnc.
(il l'cmbrAsse.)
JULIERRB. Ah! que je suis donc conteiitei M. le comte me ménageait cette surs prisc-là !
DURARD, à part Ne la détrompons pas.
JULIERRE. Savez-vous que voilà dix-.sept jours que je ne vous ai vu ?
DU8ARI), souriant. Tu les comptes donc?
JULiEHHE. Ce n’est pas que je m’ennuie..
M. le comte a pour moi tant d’attentions...
.le ne peux pas encore m’habituer à dire mon père à un autre. Tous les soirs il me conduit aux spectacles... à l’Opéra... aux Français; je ne sais pas pourquoi il s’imagine que tout cela est nouveau pour moi...
je vois qu'il a du plaisir à le peuser, et je le lui laisse croire. Mais au milieu de toutes ces dissipalions je sens qu’il me manque quelque chose... Je pense toujours à mon bon père Durand... je le cherche des yeux dans la foule... Quelquefois je crois l’apercevoir aux galeries où nous allions... je lui souris., pas du tout , ce n’est pas lui , j’en suis pour mon sourire et cela me rend toute tristc.(C 7 iai»gemnt de ton.) Ht (Jiarles, mon frère, le compagnon de mon enfance, y a-t-il long-tems que vous en avez eu des nouvelles?
DURAND. Anjmird hui même. {^A pari.') Je sors'dc l'embrasser.
JULIENNE. 11 se porte bien.
DURARD. A merveille.
JULIBR.NE. Bon Charles!... j’étais bien jeune quand il est parti... Kh bien! j’avais pour lui une amitié que je n’tii ressentie pour aucun autre !.. Il était si doux! Il me témoignait tant d’altacbemenl .. Mais peu^ être UC prnse-t-il plus à moi ?.. et ce serait bien mal de sa pari, car moi, voyez-vous, je ne l’oublierai jamais... ditcs-le lui bien quand vous lui écrirez...
DURARD. Je u’y manquerai pas.
JULIERRE, uoer finesse. Où e&l-il?
DURARD. Plus lard vous le saurez.
JULIERRE, A’rc Une petite moue. Vous!
DVAAflp* J« %% U dirai... plus Uni, mm
à présent qncjti t'fli vue.., que je t*ai cml>rasséc, ma bonne Julienne, il faut que je te quitte. #
JUUEXrfE. Déjà î
miRjL:»D. Une affaiie importante me rappelle chez moi.
JVLiBHJVB. Sans savoir quand je vous reverrai.
DURABD. Bientôt!
JULiBBifE. ^ous partons pour la campagne.
DVRjuiD. Qu*imporlc !
Air d*/4r^.
De pris ou <le loin , ma Julienne ,
Sur toi je veillerai toujours.
En quelque lieu qu'on te retienne,
Tu peux compter sur mon secours.
Iklais le tems fuit... laisse-moi faire.
Va, ton bonheur est tout pour moi {
D n'est pas d' pouvoir sur la terre Qui puisse m'éloigner de toi.