‹ La fille du franc-jugeChapitre 27 sur 37 · LE FRANC-JUGE · texte numérisé non relu

LE FRANC-JUGE

montrant Hermann.

Il s'accuse, à moi de le défendre!

RODOLPHE j regardant le Franc-juge dont les traits sont couverts par le capuchon de sa robe.

Celte Toix 1

LF FRANC-JUGE.

Ecoutez...

WOLKSTEIN.

Mais avant de parler , Franc-juge , devant tous il faut te dévoiler.

Le Franc- juge écarte son capuchon ; Hélène paraît au milieu de l'assemblée RODOLPHB.

Hélène 1

HERMANN

Mon enfant !

WOLKSTEIN; àHermann.

Voire fille!... peut-être Veut-elle à nos poignards soustraire le Grand-Maître; Soins superflus!

HERMANN

La mort doit me trouver ici; Ne suis-je pas venu me mettre à ta merci?

WOLKSTEIN, à Hélène.

Qui donc vous a conduite en ce lieu?

HÉLÈNE

Ma tendresse...

J'ai suivi pas à pas mon père; Tombre épaisse

M'a cachée à ses yeux; puis^sous ce vêtement Ici je suis entrée à sa suite.

W0LK8TEIN.

Gomment I

n jetfe un regard de <k>Idre an ftinrefllant ; pois fl dit à Hélène :

Savez-vousle danger que vous courez?

HÉLÈNE

J'espère Sauver l'honneur d'un nom et les jours de mon père.

Les Francs-juges font des signes de dénégation ; la jeune fille s'en aperçoit.

Et si votre rigueur me laisse sans appui,

Je garde au moins l'espoir de mourir avec lui.

Ecoutez-moi : devant le Tribunal Suprême,

Mon père , sans détours, vient s'accuser lui-même ;

Il se livre sans crainte , il attend le trépas;

Il vous l'a dit ici ; mais il ne vous dit pas

L'épreuve surhumaine à son cœur infligée ;

Mais il ne vous dit pas l'angoisse prolongée

Qu'il a dû supporter ; ni ce qu'il a souffert

Devant l'affreux spectacle à ses regards offert.

HERMANN

Ma fille!

HÉLÈNE

Il ne dit pas cette lutte suprême Dans laquelle, sans doute, eût faibli Dieu lui-même.

Ecoutez: les valets d'ui) prince criminel

Ce matin, m^ont ravie au foyer paternel;

Par eux conduite' auprès de Sigismond , leur maître ,

J'ai supplié longtemps; et puis, j'ai vu paraître

Des hommes noirs; alors, ce prince, ce he'ros

M'a lâchement remise aux mains de ses bourreaux.;

J'étais prête à mourir.

RODOLPHE

Atroce barbarie!

HÉLÈNE

Mais mon père était là... par une draperie Que Sigismond lui-même entr'ouvrait, il pouvait Voir le fer qui déjà sur mon front se levait; Il suffisait d'un signe et ma mort était prompte. Quel horrible spectacle I... à mon père, sans honte, Sigismond demandait vos noms , le menaçant De lui faire payer son refus de mon sang.

Eh bien ! mesurez-vous cette lutte inouïe ?

Sentez-vous ce combat?... Voir sa cause trahie Ou voir mourir sa fille I... ô supplice! se voir Traître, traître par force ou bourreau par devoir!... II n'a pu résister, sa pauvre âme meurtrie A dû céder...

Las Francs-juges font de nouveaux signes de dénégation .

Malgré Tamour de la patrie,

En voyant voire fille où j'étais aujourd'hui, Repondez ; qui de vous n'eût pas fait comme lui?

HERMANN , à Hélène.

Rien ne peut, rien ne doit arrêter leur vengeance.

WOLKSTEIN.

Tu dis vrai; car nos lois défendent l'indulgence; Contre la trahison elles arment nos bras; Quand on connaît un traître, il meurt;

A Hormann.

Et tu mourras.

HERMANN

Je suis prêt.

RODOLPHE I à part.

Ahl grand Dieu I

HÉLÈNE

Votre loi, je le pense, A qui veille sur vous doit une récompense.

WOLKSTElIf.

Oui.

HÉLÈNE

Montrer le péril c'est vous en préserver.

Ce soir même une lellre a dû vous arriver.

WOLKST£IN.

Oui.

HÉLÈNE

Je vous prévenais du sort qui vous menace.

WOLKSTEIN f ironiquement.

Pour vous récompenser que voulez-vous?

HÉLÈNE

La grâce De mon père.

HERMANN

Jamais I moi, trouver grâce, non!

Trouver grâce I ajouter cette honte à mon nom ! Deux fois déshonoré, non!.. Accepter la vie Quand par la mort il faut qu'un tel crime s'expie, Jamais!., je dois mourir; le supplice achevé, Notre nom sera pur, mon sang l'aura lavé!

HÉLÈNE

Mon père!

WOLKSTEIN, à Rodolphe.

A ton devoir.

HodolpliB garde la même immolnUté dai4oarettsé.

Ah 1 si ton cœur balance, Si tu ne mets un terme à to^i lâche silence, Tu sais quel est le sort quil te faut réserver.

HERMANN, à Rodolphe.

Frappe, tu te perdras sans pouvohr me sauver.

Il ne frappera pas!

D«s murmures de colère sortent des rangs des Francs-juges i ploaieurs d'eatr'eux tirent leurs poignards et s'approchent d*Hcrniann ; Hélène se précipite devant son père.

HÉLÈNE

Francs-juges implacables!

Le sang, le sang I voilà vos lois irrévocables! Eh bieni tuez encor, tuez!... mais sachez bien Que vous aurez mon sang avant d'avoir le sien !

Elle embrasse étroitement son père , lorsqu*un surveillant de Pextérieur arrive précipitamment.

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