‹ La Fille du général BertrandChapitre 17 sur 20 · Ô2 DES «ANNALES DE SAINTE-SOLANGE · texte numérisé non relu

Ô2 DES «ANNALES DE SAINTE-SOLANGE

leur d'être plus facilement compris. Entre eux les gens du peuple se plaisent à leur langue, idiome de province plus ou moins adultéré ou patois de village. Mais, de ce style ils ne souffrent point qu'on leur parle. — « Vous nous manquez, Monsieur, de respect. » Ils sentent ainsi et ne taisent point leur sentiment. A nous de les prendre où ils sont et de les élever où nous sommes.

Il nous souvient d'ailleurs qu'une jeune domestique aimait à lire les ouvrages du P. Gratry, notamment la Connaissance de l'âme. Aux pages du grand écrivain elle trouvait de la saveur et s'en nourrissait.

Donc, nous voulons écrire pour les jeunes filles.

Néanmoins, les Annales de Sainte-Solange iront plus particulièrement et, en quelque sorte, droitement, aux intelligences cultivées.

Nous avons pris garde que, dans son ensemble, la littérature destinée aux jeunes filles est mondaine, et vaine, ou bien banale et insignifiante, à tout le moins médiocre; dans les deux cas, périlleuse... Et cette littérature, nous la voyons entre les mains des jeunes filles chrétiennes comme entre les mains des autres ! Nous en gémissons.

Certes, — grâce à Dieu, — il y a des exceptions, et fort belles. Nous ne manquerons pas de les signaler dans cette Revue et de les louer ; mais ce sont des exceptions.

Notre désir ardent, notre espoir, est de donner à nos lectrices des pages de doctrine intégrale où résonne, nette et pure, profonde, la note romaine, la note catholique ; c'est tout un. Ce sera leur donner en même temps du pain et du vin, de la lumière et de la joie.

Or donc, tout ce qui peut instruire la jeune fille, l'édifier, l'intéresser, la transfigurer, en un mot la sanctifier, trouvera place dans ces Annales,

Par conséquent, à côté des études, disons théoriques, de religion, d'éducation, d'instruction, une large place est acquise aux l'ait- d'histoire soit dans le passé, soit dans le présent. Ainsi, en des pages rapides et brèves, on racontera des vies de saintes : Geneviève de Nan terre, par exemple, Jeanne de Domrémy, Benoîte du Laus, Germaine de Pibrac, Bernadette de Lourdes, sœurs aînées ou puînées de notre Solange et bergères comme elle. Des mains d'artistes pétriront en terre glaise ou sculpteront dans le marbre ou peindront sur fond d'or d'autres t. t' s de vierges, sœurs de Solange encore et mailyres comme elle : Blandinc et Potamiennc, Eula lie et Lucie, Eus telle, Cécile, Agathe, Agnès... Des roses et des lys... Elles en ont la poupre ; elle eu ont la blancheur... Dans une âme qui répond à son action, quelle excellente ouvrière, la grâce! et quel poète, notre Dieu !

Les ouvrages de main d'homme ne nous échapperont pas. Eux aussi, en ce qu'ils renferment ou cnt de bonté, de beauté, de vérité, procèdent et dérivent du Père des lumières. Voilà pourquoi nous recueillerons page à page ce que les maîtres ont écrit en prose <l en vers, dan- toutes les littératures, mais premièrement la française, de plus vrai, île plus beau, de plus pur, sur la jeune fille. Ainsi, brin à brin, ainsi Deur à fleur, nous lierons une gerbe. El ce sera vraiment une anthologie, c'est-à-dire, entre tous, un livre exquis.

Que non- fessions connaître à nos lectrices « les oeuvres », les œuvres qui sont à l'heure présente la force et l'honneur de la sainte Église, particulièrement le- œuvres de prière, d'apostolat et de charité, afin qu'elles s'y dévouent, — peut-être poul qu'elle- -' \ enrôlent, à supposer qu'elles entrevoient l'étoile et entendent l'appel intérieur, — (V-l un point fondament.il <le notre projet.

Page 1