DES « ANNALES DE SAINTE-SOLANGE
des études approfondies de littérature, d'histoire, de philosophie quelquefois, même de science, et à des portraits de nos maîtres catholiques.
Ainsi, pour ne citsr que des modernes sur lesquels tant de fois nous ont interrogé nos lectrices : Montalembert, Louis Veuillot, Ernest Hello, Ravignan, Lacordaire, Guéranger, Gratry, Ozanam, Mgr Dupanloup, Mgr Pie, Mgr de Ségur, Mgr d'Hulst, Wiseman, Newman, Manning, bien d'autres de moindre éclat sans doute, mais rayonnants quand même.
C'est un parti pris dans les histoires littéraires et dans les anthologies qui sortent des écoles officielles d'ignorer nos écrivains : le plus souvent leur nom n'est pas même prononcé, ou, si d'aventure, une fois ou l'autre, on le rencontre, c'est au bas de la page, perdu en quelque note, et voilà tout.
Nos journaux eux-mêmes et nos revues, sauf de rares exceptions, abondent en copieuses études sur les indifférents, les neutres, les hostiles et trop souvent se taisent sur nos gloires religieuses.
Serai-je taxé d'exagération si j'avance que l'on peut avoir fait ses humanités dans un collège libre, voire dans un petit séminaire, et son éducation dans un pensionnat chrétien, sans soupçonner les richesses de notre littérature catholique et fran çaise?
C'est plus qu'une honte, cela ; c'est une ingratitude.
Nos lectrices, si elles veulent bien se grouper sous VÉloile, Dieu aidant, n'en seront point là.
N'allez pas conclure qu'en dehors des « gens de la maison », la maison de Dieu, domestici Dei (Ephes., 11, 19), nos portes et nos fenêtres seront closes à tous écrivains. Non pas, certes; et tout prochainement nous étudierons les poètes : Théophile
Gautier, Lcconte de Lisle, José Maria de Heredia, Paul Verlaine, mais sans oublier jamais l'idée centrale de la Revue, l'idée catholique.
Nous voulons aussi étudier avec nos lectrices et pour elles notre langue, depuis ses premiers et rudes balbutiements jusqu'aux pleines et mélodieuses sonorités d'un Bossuet ou d'un Chateaubriand.
De temps à autre enfin, nous contemplerons le visage aimé de la Patrie, comme on regarde une mère ou une aïeule, et ce sera tantôt quelque vue des Alpes ou des Pyrénées, tantôt un coin de Provence, une lande bretonne, une rivière normande... Et ces pages d'humaine géographie nous seront plus qu'un repos, — une joie.
N'allons pas clore ces pages sans une louange que nous voudrions mélodieuse et un merci que nous sentons ému pour l'artiste à qui nous devons la couverture de l'Étoile. C'est une œuvre de grand art et de pitié attendrie, une sorte de « Nocturne » qui fait rêver tout ensemble et prier.
Et maintenant, Dieu nous soit en aide ! et que rayonne sur nous tous l'étoile de Solange.