‹ La Fille du juif-errant [microforme]Chapitre 13 sur 89 · CHUT · texte numérisé non relu

CHUT

Le bon abbé Ro certé; M. Galapian, avait à ses grosses là

morantin était visiblement déconhomme laid et de mauvaise mine, vres un Sourire goguenard ; le hus-

sard Joli-Cœur se grattait l'oreille jusqu’au sang: les petits Tourangeaux ouvraient de grands yeux et béaient de la bouche : Sapajou faisait des grimaces, Fanchon tremblotait de la tête, des mains et des genoux, comme une nourrice qui va tomber en syncope.

Seuls, vis-à-vis l’un de l’autre, la jolie Lotte et le vicomte Paul n’avaient point changé de contenance.

Lotte était toujours froide et douce comme les anges blonds des images de piété.

Paul riait, criait, se démenait, répétant :

— Le Juif-Errant ? Qu'est-ce que c’est que le Juif- Errant ?

Personne ne répondit.

Mais l’abbé Romorantin ayant éternué par hasard,

chacun s’écria, heureux de rompre ce silence, lourd comme plomb :

— Dieu vous bénisse !

L'abbé remercia. Le vicomte Paul mit le poing sur la hanche.

— Je vais me fâcher, déclara-t-il tout net, sion ne me

dit pas ce que c’est que le Juif-Errant, Jamais je n’ai vu de barbe pareille...

Le Galapian chantonna :

Jamais ils n’avaient vu Un homme aussi barbu...

— Qu'est-ce que vous dites, vous, monsieur l’addition ? demanda le vicomte Paul.

— Chut ! siffla l’homme d’affaires.

— Chut ! répéta l’abbé.

Et, tout autour de la table, un long écho fit :

— Chut ! chut ! chut !

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