LE REGARD DE SIR ARTHUR
La comtesse Louise n'aurait pu faire un quart de lieue à pied, mais elle dansait toute une nuit sans la moindre fatigue. Après le quadrille, elle était seulement un peu plus rose, et ses beaux yeux avaient des rayons plus vifs.
Elle vint dans le salon où son mari jouait: son mari jouait contre sir Arthur, l'Anglais qui demeurait en face du célèbre poète tourangeau en pain d'épices.
Sir Arthur regarda la comtesse Louise, Comment dire une chose aussi singulière? Ce n’était pourtant pas la première fois que la chose arrivait. Le regard
. de sir Arthur perça la poitrine de la comtesse Louise, à la façon des vrilles, et lui mit comme une angoisse dans le cœur.
— Encore cent louis de gagnés ! dit le colonel comte Roland de Savray.
On jouait gros jeu, cette nuit, à la préfecture. D'’ailleurs, sir Arthur ne jouait jamais petit jeu.