À PARIS
Au moment où notre voyageur, après avoir déjeuné de pain sec et d’eau en se promenant, revenait aux Trois-Puits, la banne ramenait au jour la petite fille. Elle avait repris sa taille d’enfant et sa frêle apparence.
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— Père, dit-elle, ils sont en bas tous les deux. Je n'aurais pu les reconnaître, car ce qui leur reste d'âme est dans des corps de rebut. Mais ils ont assez d'âme encore pour se souvenir vaguement et cruellement souffrir.
Le voyageur ne s'était pas arrêté pour l'entendre.
— Nous allons à Paris, dit-il.
— À Paris, s’écria-t-elle tandis qu’un joyeux sourire éclairait la pâleur de son visage. Je vais donc les revoir ! elle et lui !
— Ruthaël, prononça tout bas le voyageur, j'ai interrogé l’ange. Dieu permettra que tu choisisses entre ton père et ton époux...
— Moi ! te quitter ! s’écria l'enfant qui fondit en larmes.
Sans s’arrêter, le voyageur l’enleva dans ses bras et la pressa contre son cœur.
— Ozer est ià-bas, dit-il, l’infâme Ozer ! J’ai appris ici ce que je voulais savoir, Dieu est miséricordieux. Chaque bonne action diminue ma peine. Allons faire le bien et combattre le mal !
Ruthaël qui s'était remise à son côté murmura :
— Dieu bon, pardonnez à mon père, au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit !