L'ÉCOLIER PAUL
Nous sommes à Paris. Le temps est comme le Juif errant : il marche, il marche...
Le temps avait marché. La comtesse Louise était toujours belle, mais bien triste et bien pâlie.
Vous eussiez eu peine à reconnaître le vicomte Paul dans ce fier jeune homme au regard mélancolique, qui allait tous les jours deux fois au collège Henri IV et deux fois en revenait, seul et s’éloignant des joyeuses espiègleries de ses condisciples. Le vicomte Paul se nommait tout uniment M. Paul. Il n’y avait guère que Fanchon Honoré pour se tromper de temps en temps et lui donner encore son titre d’autrefois.
Le malheur avait mis la pensée pesante dans cette jeune tête. Si Paul ne riait plus comme jadis, il travaillait pour être le protecteur de sa mère.
Eh ! quoi ! la comtesse Louise de Savray, cette jeune femme si brillante et si riche, si heureuse surtout, avaitelle donc besoin d’être protégée ?
Et que pouvait un adolescent, élève au collège Henri IV, pour la filleule du roi Louis XVIII ?
| y avait des années que le roi Louis XVIII était mort. Les deux cent mille livres de rentes étaient Dieu