LE PLAN DE CAMPAGNE DU VICOMTE PAUL
‘On n'aurait Pas pu tromper le vicomte Paul s’il n'avait eu, ce jour-là, des OCCupations importantes. Le vicomte Paul était Français; il aimait son pays. Sans mépriser les divertissements de son âge, il savait faire la part des choses sérieuses.
La grande route de Paris à Tours se poursuit jusqu’à Nantes et même jus. u’à Saint-N azaire, Notre histoire se passe sous la Restauration. Les chemins de fer n'existent pas encore.
La grande route se poursuivant jusqu’à Saint-N a- Zaire, petit port très exposé aux entreprises des Anglais, Paul avait pensé à mettre la capitale à l’abri d’un coup de main.
Je suppose que les Anglais, comman ton, revêtu d'un habit rouge à queue d débarqués à Saint-Nazaire, qu'ils eussent pris Paimbeuf, conquis N antes, enlevé Ancenis, Angers, Bour-
gueil, Langeais et Luynes... Haussez-vous les épaules ? Du temps de Charles VI, et même beaucoup plus tard, les Anglais en avaient pris bien d’autres !
Enfin, ne disputons pas. Voilà le vrai : au bout du parc, il y avait un pavillon qui commandait la Loire et
dés par Wellinge morue, fussent
la route. Excellente position pour empêcher Wellington de passer ! Le vicomte Paul, secondé par Joli-Cœur et par quatre jardiniers, était en train d'élever autour du pavillon des retranchements formidables. Le colonel avait donné licence de détourner l’eau du bassin pour emplir les fossés; la comtesse Louise avait promis du canon.
Je vous prie de vous figurer Wellington et ses Anglais, tous ornés de queus rouges, débouchant par Luynes, sur l’air de Malbrough s’en vat’en guerre, et marchant vers Paris. Ils ne s’attendent pas à trouver là les fortifications du vicomte Paul. Pif ! paf ! Boum ! boum ! La mousqueterie ! le canon ! Les voilà en fuite et montrani leur dos qui est si drôle !
S’échapperont-ils? Non pas! Le vicomte Paul s’élance sur son poney, rejoint Wellington, l’arrête par la queue et venge le supplice de Jeanne d'Arc !
Et puis on va à Tours chanter le Te Deum et dîner à la préfecture. Cette fois, le vicomte Paul sera invité, je pense ! Il l’aura bien mérité.