‹ La fille du mauditChapitre 13 sur 117 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GRAMONT, présentant un flacon au roi.

Voici mon flacon, sire !...

ANNA, ii demi-voix, b Hewlet.

Le l'Oi?... (Hewlet fait un signe affirmatif. — Le roi débouche I e flacon et veut le faire respirer à madame de Castelmaine.)

MADAME DE f.ASTEl.MAINE.

Non! un verre d’eau, je VOUS prie... (Le roi se retourne; Anna s’empresse d’aller chercher un verre d’eau.)

LE ROI

Eh bien, Buckingham; le nom de cet homme?

BUCKINGHAM

Jacob Hall, sire; le fameux danseur de corde.

LADY MUSKERRY, se levant vivement.

Ah! sire! quel courage! quelle force ! quelle grâce !

MUSKERRY, bas b lady Muskerry.

Au nom du ciel, madame, modérez votre enlhousiasme !

MADAME DE CASTELMAINE

C’est à lui que je dois la vie, sire!

Je ne l’oublierai pas !

ROCIIESTUR, bas b Gramont.

Voilà qui achèvera de mettre ce drôle-là à la mode, chevalierl...

ANNA, revenant s’agenouiller devant madame do Castclmaino et lui offrant un verre d’eau sur un plateau d’argent.

Madame !... (Madame de Castelmaine prend le verre et boit.)

LE ROI, bas b Buckingham.

N’esl-ce pas qu’elle est belle?

BUCKINGHAM, bas.

Plus belle que mademoiselle Stewart, sire.

LE ROI, lias.

J’ai bien envie d’envoyer Douglas en Guinée avec le prince Robert.

BUCKINGHAM, b part.

Oh! oh! j’ai là de quoi m’acquitler envers lord Douglas !

MADAME DE CASTELMAINE, replaçant le verre sur le plateau.

Merci, mon enfant.

. ANNA, so relevant.

Voire Majesté se sent-elle mieux? (Les différents personnages se regardent avec étonnement;— la reine parait au fond suivie do miss Fielding et s’arrête sur le seuil.)

LE ROI, souriant.

Sa Majesté?... Vous vois (rompez, mademoiselle! vous parlez à madame la comtesse de Castelmaine.

ANNA, stupéfaite.

Ah! pardon! sire... j’avais cru...

LA REINE, s'avançant

Vou&aviez cru que madame élait la reine, n’est-il pas vrai ?

(Madame de Castelmaine se lève. - Tous les assistants saluent profondément la reine.) Eu effet, le roi témoigne un si tendre intérêt à tous ceux qui l’approchent qu’on peut aisémentse tromper aux tilres qu’ils y peuvent avoir... vous ne commettrez plus de ces erreurs, mademoiselle, quand vous serez mieux instruite des usages de la cour. Madame de Castelmaine fait partie de ma maison; jè suis la reine!

ANNA, dans la plus grande confnsion.

Madame!... (Hewlet prend le ptatcaa des mains d'Anna et le pose sur la table.)

LE ROI

Je ne m’attendais pas, je l'avoue, à l’heureux hasard...

LA REINE

Je me promenais ici près avec miss Fielding, sire, quand j’ai su le danger que venait de courir madame, et j'ai voulu m’informer moi-même s’il ne lui élait arrivé aucun mal...

MADAME DE CASTELMAINE

Je suis vivement touchée des bontés de Votre Majesté.

LA REINE

Ne les méritez-vous pas, madame? Je vois au surplus que vous ne manquiez pas de chevaliers, et des plus illustres, vraiment!... Le duc de Buckingham, le comte de Rochester, le vicomte Muskerry, le chevalier de Grainont ; quoi donc! le marquis do Douglas lui-même!...

ANNA, regardant Douglas.

Le marquis de Douglas!...

LA REINE, se retournant.

Vous le connaissez?

ANNA

Moi?... non, madame.

ROCHESTER, bas à Douglas.

Vous ne m’accuserez pas d’avoir trahi votre incognito, milord !

IIE'VVLET, soutenant Anna qui chancelle.

Qu’as-tu donc?... (il regarde Douglas qui détourne les yeux.)

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