‹ La fille du mauditChapitre 30 sur 117 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LADY MUSKERRY, GRÀMONT, Paysans, Violons, puis MUSKERRY, puis PETERS.

GRAMONT, aux paysans.

Allons! vous autres, accrochez-moi cela aux arbres!... (Aux violons.) Et vous, messieurs de l’archet, sur ce pont! (Les paysans et les violons exécutent los ordres de Gramont.)

MUSKERRY, entrant en scène et apercevant lady Muskerry.

Ah !... la voilà!...

GRAMONT, aux violons.

Vous m’avez bien compris, n’est-ce pas? à l’arrivée du roi, attaquez vigoureusement et surtout de l’ensemble! (Gramont, trèe-affairé, continue à veiller aux derniers préparatifs de la fête.)

MUSKERRY, abordant lady Muskerry.

Enfin je vous trouve, madame!...

LADY MUSKERRY.

Qu’y a-t-il donc, milord?...

MUSKERRY.

Ce qu’il y 8?... (Tirant de sa poche la lettre écrite à Jacob Hall.) Voyez, madame, et rougissez!...

LADY MUSKERRY, à part.

Ciel!... ma lettre!... (Les violons comraençent k s’accorder.) MUSKERRY.

Ainsi, madame, c’est pour un vil baladin que foulant aux pieds toutes les lois divines et humaines... (s’interrompant, a part.) Diables de violons!... (Haut.) Vous n’avez pas craint de tracer ces lignes... qui témoignent...

LADY MUSKERRY.

Avant de m’accuser, milord...

MUSKERRY.

Vous osez répondre? vous n’êtes pas à mes pieds! quoi! devant cette preuve irrécusable... (S’interrompant de nouveau.) Maudils violons!... (Haot.) Devant...

LADY MUSKERRY, prenant le cor de chasse sur la table et le présentant

à Muskerry.

Et ce cor de chasse, milord ?

MUSKERRY, k part.

Ah! diable!... elle sait tout! (Haut.) Pardon !... mais... ce cor de chasse... je vous jure, madame... que je n’étais allé chez missNell Gwin...

LADY MUSKERRY, replaçant le cor snr la table.

Nell Gwin I... vous éliez allé chez miss Nell Gwin?

MUSKERRY, à part.

Elle ne le savait pas!

LADY MUSKERRY.

A merveille, milord! celle lettre ne prouvait que ma reconnaissance pour un homme qui m’a sauvé la vie; mais en présence de votre inconduite...

MUSKERRY.

Ah! Vous le prenez ainsi!... cela suffit, madame! demain je vous claquemure dans votre maison de Summer-Hill! jusque-là silence, je vous prie, et ne nous rendez pas, vous et moi, la fable de toute la cour!

LADY MUSKERRY.

Une Nell Gwin!

MUSKERRY.

Un Jacob Halll (Peters parait sur le seuil de la maison; Muskorry et lady Muskorry continuent b parler avoc animation sans voir Peters.)

PETERS

Plait.il?... On parlede moi! (Reconnaissant Muskcrry et étouffant nn éclat de rire.) Lord Muskerry!... diable!.-, il est avec sa femme!... (il se détourne vivement et remonte la scène.)

GRAMONT, au Tond du théâtre.

Voici le roi!... à vous, messieurs de l’archet! (Los violons,

groupés sur le pont, exécutent un air anglais; les paysans ont achevé d’illuminer la scène ; au loml du théâtre se dessinent en verres de couleur deux C entrelacés, surmontés d’une couronne royale; le roi enlrc en scène, donnant la main à la reine; à leur suite viennent Buckingham, madame de Castelmaine, miss Fielding, des gentilshommes, des dames et des paysaus.

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