‹ La fille du mauditChapitre 50 sur 117 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

IIEWLET, DOUGLAS.

DOUGLAS

Les paroles de votre fille sont presque une promesse, monsieur Wilson. Les confirmez-vous?

HEWLET, après un silence.

Non, milord!...

DOUGLAS

Non?

HEWLET.

Je ressens comme je le dois l’honneur que veut bien me l'aire Votre Grâce; mais ma fille n’a pas le droit de prétendre à une si haute alliance I J’y prévois pour l’avenir des repentirs tardifs qu’il est plus sage d’éviter.

DOUGLAS

Pour autoriser de pareilles craintes, monsieur Wilson, il faudrait que j’eusse cédé aux premiers entraînements de ma passion. Ce n’est qu’après avoir mûrement réfléchi que je vous demande la main de votre fille; et la fermeté de ma résolution doit vous rassurer sur l’avenir, comme j’espère qu’elle vous fera oublier le passé I

HEWLET.

J’avoue, milord, qu’un pareil refus, venant de moi, doit vous sembler étrange; mais je vous le dis très-sérieusement, ce mariage est impossible.

DOUGLAS

Songez-vous que ce n’est pas moi seulement que vous réduisez au désespoir? Oui, que j’en sois digne ou non, votre fille m’aime! C’est-elle que vous frappez! c’est elle dont vous brisez le cœur I

HEWLET, avec désespoir.

Ahljelesais, milord! et c’est là mon supplice! Quand ce soir elle viendra à moi, le Iront souriant, le cœur épanoui, quand son regard interrogera le mien, que lui dirai-je? Elle ne m’accusera pas .. mais ses larmes!... c’est moi qui les ferai couler!... c’èst par moi qu’elle souffrira... elle!... mon enfant bien-aimée !...

DOUGLAS

Monsieur Wilson vous me trompez I... ce n’est pas la naissance qui nous sépare!... Il y a entre votre fille et moi un obstacle insurmontable.

Page 1