ACTE DEUXIÈME
IIEWLET, d’une voix sombre.
Oui, insurmontable!...
DOUGLAS
Je n’en connais qu’un pourtant: son indignité ou la vôtre! N’est-elle pas une honnête femme? n’êles-vous pasun honnête homme?...
HEWLET.
C’est parce que je suis un honnête homme, milord, que je refuse de vous donner ma fille, au hasard de la désespérer...
DOUGLAS, après un silence.
Une simple question, monsieur Wilson?... à qui la marierez-vous ?
HEWLET, altéré.
A qui?... Ah! vous avez raison, je n’ai songé qu'à moi! je n’ai pas songé à elle. ..Étais-je coupable de l’aimer pourtant? est-ce ma faule, à moi, s’il y a des races maudites et d’implacables fatalités!... Ah! n’épiez pas mes paroles, milord... je ne dirai rien!
DOUGLAS
J’ignore de quelles races maudites vous parlez, monsieur! mais si votre fille était condamnée d’avance à ne jamais goûter les joies de la femme ni celles de la mère, pourquoi avoir laissé son âme s’ouvrir à la vio, au bonheur, à l’espérance?... autant valait la tuer dans son berceau! ..
IIEWLET, presque en pleurant. •
Ah!... elle me tendait ses petits bras pour m’embrasser!... et je me laissais faire!... Non il ne fallait pas la tuer!... Il fallait regarder éclore son enfance, s’épanouir sa jeunesse... et mourirl... mourir!... Oui, ma mort briserait l’obstacle qui vous sépare de ma fille, milord!... Qui peut être assuré de vivre un jour?... Je suis vieux! .. attendez!... (n faitqueiques pas pour sortir.)
DOUGLAS
Monsieur Wilson I... où allez-vous?
HEWLET, tranquillement.
Mais... Je retourne chez moi pour préparer l’arbre de Noël que j’ai promis à ma fille... (Il s’arrête snr le seuil de la porte eu voyant entrer Peters. La nuit commence à tomber.)