ACTE TROISIÈME
. l’espoir, tout le bonheur de ma vie!... tant de soins, lant de caresses, tout cela oublié, anéanti, perdu!... est-ce possible ?... Je suis un misérable pourtant si je ne la lui rends pas!... Cette tendresse qui m’appartenait hier, je la vole aujourd’hui!... oui!... je la vole à sa mère!... Eh bien, sa mère l'aimera-l-el'e plus que moi? autant que moi ?... estelle morte de sa douleur?... j’en serais mort, moi!... Ah! tu la calomnies, lâche, pour justifier ton crime!... tu sais bien que si elle a vécu, ce n’est que par l’espérance!... reprends possession de loi-même!... accomplis jusqu’au bout ton sacrifice !... souviens- loi que les mains sont souillées de saugl... Oh ! Dieu! rien ne peut-il donc racheter d’une pareille souillure!... est-ce ma Faute à moi si j’ai recueilli cet horrible héritage? avais-jeentrevu une autre destinée? Étaisje autre chose qu’un instrument inerte, sans conscience et sans âme!... un enfant parait qui me sourit, qui m'embrasse, qui Fait éclore en moi ce germe de toutes les tendresses déposé par Dieu même ou Fond des cœurs, et quand je suis lié à cet enfant par toutes les attaches de l’amuur paternel, il faut que je les brise !... il Faut que de mes propres mains je m’arrache les entrailles !... Dérision !... suisje le seul enfin qui soit couvert de sang?... Celui qui lue en duel, pour un mol, pour un regard, en est-il moins réputé honnête homme? et moi... Ali! c’est en vain que la conscience veut se payer de mensonges! l’honnête homme est celui qui rend une fille a sa mère!... Allons!... il le faut!... Pourquoi ce désespoir, d’ailleurs?... voyons les choses do sang-froid!... Est-ce que je la perdrai tout entière ?... celle duchesse d’Hamilton est bonne et reconnaissante... elle permettra à sa tille... (Se frappant le front.) Non!... elle lui apprendra à maudire le meurtrier de son père!... et ce meurtrier, c’est moi !... moi!... moi, maudit par elle!... non!... je ne le veux pas!... jamais!... jamais!... Pourquoi ne revientelle pas?... que lui dit Cette femme?... (Promenant ses yeux snr les portraits avec terreur.) Ah !... ÜS me regardent tous!... (Se redressant) Eli bien, je les ai soutenus vos regards!... Égoïsme, lâcheté, crime, que m’importe?... ne suis-je pas le maudit?... oui, le maudit!... je n’ai plus qu’elle !... laissezla moi! (La duchosse et Anna paraissent snr le seuil ) Ail! la Voici!...