ACTE QUATRIÈME
ROCUESTER.
Moi-même... c’est sans doute à monsieur le chevalier de Gramoul que j’ai l’honneur...
GRAMONT
Oui monsieur ; je vous présente mes nobles amis, le duc de Buckingham, le vicuinte Muskerry, et, je vous le dis , en confidence, car la moindre indiscrétion l’exposerait aux ressentiments du roi, et c’est ce qui l’oblige à rester masqué, le comte de Roehester.
ROCH ESTER, suffoqué.
Ah! le... (a part.) Qui diantre se permet?... Eh! pardieu! ce ne peut être que le roi !... j’aurais dû m’en douter en voyant Buckingham!... Et moi qui voulais justement... (Se frottant tes mains.) Allons, allons! vous saurez où loge miss Wilson, mon prince; mais vous me le payerez cher ! (il se
promèue à grands pas.)
GRAMONT
Qu’avez-vous donc, monsieur le docleur ?
ROCI1ESTER.
Moi, monsieur!... mais... l’honneur que je reçois!... la joieque j’épiouve a connaître u’husm illustres personnages; le comte de Roehester sur. ont, que ses rares mérites signalent depuis longtemps à l’adm. ration de l’univers...
LE ROI
Oh! monsieur!...
ROCUESTER.
Non!.,, sans flatterie, milord !... je le dis comme je le pense, et vous ne vous imaginez pas à quel point je vou3 rends ju-lice... lmp heureux, messieurs, de mettre ma science a votre service, s’il vous plan d'y avoir recours.
GRAMONT
C’est en effet pour vous consulter, monsieur le docteur, que nous sommes ici. Le bruit de cette science merveilleuse, qm vous a lait en quelques semaines une si grande popularité dans Londres, s e t propagé jusqu’à Wlnlhe-Hall, et c’est dans l'espoir qu'elle pourrait nous être de quelque secours dans une a lia ire qui intéresse vivement le roi...
ROCUESTER.
Je vous arrête, monsieur le chevalier; car je sais déjà ce que vous voulez me dire.
Lisez-vous si vile dans la pensée des gens ?
ROCHESTER
Assez vite pour vous dire à tous, messieurs, ce que vous avez dans le cœur ou dans !a télé !...
gramont.
Oh ! parbleu, si vous faites cela, monsieur le docteur, vous êtes un habile homme !
R0CI1ESTER
Eh bien, tenez!... je commence par lord Muskerry; en vérité il n’y a pas grand mérite à deviner sur sa physionomie enjouée et satisfaite la joie d'avoir laissé sa femme à Summerhill, pour courir après une certaine Nell Gwin...
MUSKERRY.
Hein I
ROCH ESTER
Le malheur c’est que Nell-Gwin se moque de lui, comme vous le voyez à l’ampleur de son estomac, et que sa femme, comme vous le voyez aussi à ces petites proéminences sur le front...
Mais, monsieur I...
ROCHESTER
Cela vous suffit? n’en parlons plus ! /
BUCKINGHAM, riant.
Diantre! voilà un dangereux sorcier. Et moi, docteur, qu’ai je dans la tête, à voire avis?
ROCHESTER
Ma foi ! milord, pas grand’chose!... (Los antres personnages se mettent b rire.)
BUCKINGHAM
Plaît-il?...
ROCHESTER
A moins pourtant qu’on n’y Irouve quelques vaudevilles, un certain talent pour les châteaux de cartes (baissant la rois), et peut être une merveilleuse déposition à enlever les jeunes personnes qui ne paraissent pas déplaire à...
BUCKINGHAM, bas.
Morbleu! monsieur, pas un mot de plusl
LE ROI
Que vous a-l-il dit ?
ROCHESTER
Oh I une bagatelle, milord; cela ne vaut pas la peine d’être répété. Ce qui a ulus d’inlérôt c’est l’habit que pleure en ce moment M. le chevalier.