ACTE I, SCÈNE III
ü’arf.zzo.
Tu refuses la fortune? tu refuses le bonheur?
VALERIO
Oui, oui ! je refuse cela de toi... (a part.) Mourir... mais mourir digne d’elle!
A ta guise; mais tu as tort, car tu ne pouvais mieux te venger de Marietla, la charmante fille tu Tintoret.
VALERIO
Pourquoi me venger?
d’arezzo.
Ne sais-tu pas qu’elle épouse sous peu de jours le fils du procurateur?
VALERIO
Elle! elle... la femme d’un autre!..
d’arezzo.
Que veux-tu?.. Marietta n'a pas eu une parole de pitié pour ta niiscre, un regard de sympathie pour ton talent; mais le fils du procurateur est très-riche... elle l’épouse. Tu vois bien que l’or sert à quelque chose.
VALERIO
Marietta... Non, c’est impossible! Tu mens, lu mens!
d’arezzo.
Demande à tout Venise...
VALERIO
Ah I c’est le dernier coup !
d’arezzo.
Si tu voulais, cependant, je te placerais si haut!... je te ferais si rayonnant, que tu pourrais éblouir de ton luxe les nouveaux époux et les écraser de ta gloire soudaine. Et, qui sait? un jour, peut-être, tu fascineras Marietta, en l’attirant vers toi... Vengeance amoureuse... vengeance enivrante!.. Refusestu toujours?
VALERIO
Non, j’accepte.
d’arezzo, à pari.
Allons donc!
VALERIO
Loin de moi l’odieuse livrée de la misère!.. J'ai trop longtemps souffert et pleuré, j’ai trop, longtemps courbé la tète!... Ouvre tes ailes, mon cœur! resplendis, soleil de ma jeunesse!.. A moi tous les plaisirs!... Tu as de l’or, Pierre d’Arezzo, je vais chanter tes louanges; tu as de l’or, je vais te peindre en demidieu; tu as de l'or, je grossirai le nombre de tes flatteurs, j'ornerai ton palais de mes travaux quand l’orgie m’en laissera le temps, et tes pieds pourront fouler insolemment les mosaïques de Valerio.
d’arezzo.
A la bonne heure ! Regarde... (Éimui la voix.) Obéissez. (a«
LA FILLF. DD TIN'TORET.
•ignsl donné par d’Areno, le fond de l'atelier s’écroule et disparatl > us de riches tarpis et une pluie de fleurs. D'immenses vêla se déroulent du haut des galeries et recouvrent les murailles latérales. De tous (étés paraissent des valets portant des candélabres allumés, des coupes, des amphores, des pyramides de fruits, de sucreries et de gâteaux; tandis qu’au fond, de magnifiques gondoles chargées de musiciens, de gentilshommes et de courtisanes sillonnent le canal. Au lointain Venise éclairée.) \ Oid la fètC que
Pierre d’Arezzo donne à son qmi Valerio.