ACTE II, SCÈNE V
déchiré le COPUr! (D’Arezzo s’est élancé vers la fenêtre et l'a fermée brusquement.) Cet homme qui la fait souffrir, ce d’Arezzo qu’elle maudit, le connaissez-vous, Monseigneur?
d’arezzo.
Non, je ne le connais pas.
METAZZA.
Tant mieux!., car c’est un méchant dont le nom seul m’est odieux !
d'arezzo.
Metazza!.. n’attache donc aucun sens à ce que dit cette femme, c’est une folle...
HETAZZA.
Et sait-on qui l’a rendue folle?
D’AREZZO, avec insouciance.
La mort d’un enfant, je crois...
METAZZA.
Ah 1 la malheureuse!
d’arezzo.
Tu pleures?
METAZZA.
Sur elle et sur moi!.. Elle n’a plus d’enfant, et je n’ai plus de mère!
d’arezzo. ,
Mais il te reste un père bien dévoué, bien tendre.
METAZZA.
Monseigneur...
d’arezzo.
Oui, un père ! Car si je ne t’ai pas donné la vie, je te l’ai conservée.
METAZZA.
Fut-ce un bienfait?
Metazza! <
METAZZA.
Pardonnez... je suis aujourd’hui plus triste, plus accablée
3 ue jamais! 11 y a autour de moi comme un linceul funèbre ont les plis m’enveloppent et m’étouffent! Redites-moi donc comment vous m’avez arrachée à la mort.
d’arezzo.
C’était durant les guerres de Jean de Médicis... à Fano... dans un faubourg livré au pillage... Est-ce que tu as vraiment oublié tout cela?..
metazza. ,
Attendez!..
D’AREZZO, inquiet.
Quoi donc?
Rienl rien!., pas une lueur dans ces ténèbres! Quelquefois, la solitude me parle... je suis sur le point de me souvenir... mon cœur bat à se rompre... mais, dès que je regarde fixement au fond de ce gouffre, tout s’efface, tout se dissipe, tout s’évanouit!..
D’AREZZO, à part.
Des pas dans l’escalier secret... C’est Andrea, sans doute,.- (Haut.) J’ai besoin d’ètre seul, rentre chez toi, chère fille.
METAZZA.
Vous me renvoyez déjà ?
d’arezzo.
J’irai te voir bientôt, et la fatale tristesse qui pâlit tes joue* ne résistera pas à ma tendresse... à mes soins...
METAZZA.
Vous êtes bon!., promettez-moi que vous me ferez voir Venise...
d’arezzo.
Oui, plus tard... peut-être... Va, mon enfant, va.
METAZZA.
J’obéis, Monseigneur! (a part.) Je voudrais bien revoir cette pauvre folle!.. (Elle tort.)
d’arezzo.
Comifle elle souffre!.. Suis-je donc condamné à être toujours Un bourreau!., (il va ouvrir à Andrea.)