‹ La fille du Tintoret drame en cinq actes et six tableauxChapitre 56 sur 67 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

SPALATRI.

Ne me questionnez pas... j’en ai déjà trop dit... je ne peux ajouter un mot... Sauvez Marietta!..

METAZZA.

Monseigneur Pietro doit être à cette fête... je vais le chercher, je vais tout lui dire...

SPALATRI.

Oh ! gardez-vous-en bien !

METAZZA.

Pourquoi?..

SPALATRI.

C’est lui surtout qu’il faut éviter, qu’il faut fuir...

METAZZA.

Mais explique-toi donc!..

SPALATRI.

C’est impossible... on vient... Faites ce que je vous dis, ou tout est perdu !

Spalalrit..

SPALATRI.

Veillez, signora ! veillez 1 (n s’éloigne.)

METAZZA.

Seule! il me laisse seule!.. Où aller? que faire? Je suis toute éperdue, toute tremblante... Seigneur mon Dieu, donnez-moi force et courage!.. (Entrent Marietta et la Niobé.)

LA NIOBÉ, à Marietta.

Elle est ici, vous dis-je; elle est ic : , j’en suis sûre, je l’ai vue... Tenez, c’est elle.

MARIETTA

Cette jeune fille?

LA NIOBÉ

Oui... oui...

MARIETTA

Silence, alors, silence! Laissez-moi lui parler seule d’abord. Du calme, bonne mère.

METAZZA, à part.

Allons! que Dieu me conduise! (Elle ae troure en face de Marietta.) O la belle jeune fille!...

MARIETTA

Signora...

METAZZA.

Que me voulez-vous?

LA NIOBÉ, à part.

Sa voix... j’entends sa voix !...

MARIETTA

Ce que je veux?... Vous rendre heureuse peut-être!

METAZZA.

Vous vous intéressez à moi?...

LA FILLB DO TINTORBT,

MARIETTE

De. toute mon âme. . •

METAZZA.

Oh! merci!.. Un élan du cœur m’entraîne aussi vers vous! Je ne vous connais pas, mais vous avez déjà toute ma sympathie, toute ma confiance !...

MARIETTA

Donnez-moi votre main! ;

METAZZA,

Soyez bénie, vous qui tendez la vôtre à Metazza l’orpheline !. .

LA NIOBÉ, A part.

Orpheline... ô mon Dieu !

MARIETTA

Et maintenant, répondez-moi... comme'si j’étais votre sœur!

METAZZA,

Vous l’ètes !

MARIETTA

Avez-vous jamais connu votre mère?

metazza.

Manière!...

LA NIOBÉ, A part.

Prolégez-moi, mon Dieu!...

MARIETTA

Répondez!...

METAZZA.

Non... je ne l’ai jamais connue... On m’a trouvée dans une maison en flammes, au temps des guerres civiles...

MARIETTA

Et vous n’avez aucun souvenir, si vague qu’il soit, de la chambre, de la maison, du jardin, où se sont écoulés vos premiers ans?

metazza.

Non...

MARIETTA

Du berceau où votre mère vous couchait chaque soir?

Non...

MARIETTA

De la ballade qu'elle chantait pour vous endormir?

METAZZA.

Non...

MARIETTA

Du baiser qu’elle vous donnait...

METAZZA.

Attendez... il me semble qu’une lèvre invisible vient d’effleurer mon front... Attendez... c’est comme un voile qui se déchire devant moi...

LA NIOBÉ, A part.

Seigneur tout-puissant !

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