ACTE IV, SCÈNE V
SPALATRI.
Ne me questionnez pas... j’en ai déjà trop dit... je ne peux ajouter un mot... Sauvez Marietta!..
METAZZA.
Monseigneur Pietro doit être à cette fête... je vais le chercher, je vais tout lui dire...
SPALATRI.
Oh ! gardez-vous-en bien !
METAZZA.
Pourquoi?..
SPALATRI.
C’est lui surtout qu’il faut éviter, qu’il faut fuir...
METAZZA.
Mais explique-toi donc!..
SPALATRI.
C’est impossible... on vient... Faites ce que je vous dis, ou tout est perdu !
Spalalrit..
SPALATRI.
Veillez, signora ! veillez 1 (n s’éloigne.)
METAZZA.
Seule! il me laisse seule!.. Où aller? que faire? Je suis toute éperdue, toute tremblante... Seigneur mon Dieu, donnez-moi force et courage!.. (Entrent Marietta et la Niobé.)
LA NIOBÉ, à Marietta.
Elle est ici, vous dis-je; elle est ic : , j’en suis sûre, je l’ai vue... Tenez, c’est elle.
MARIETTA
Cette jeune fille?
LA NIOBÉ
Oui... oui...
MARIETTA
Silence, alors, silence! Laissez-moi lui parler seule d’abord. Du calme, bonne mère.
METAZZA, à part.
Allons! que Dieu me conduise! (Elle ae troure en face de Marietta.) O la belle jeune fille!...
MARIETTA
Signora...
METAZZA.
Que me voulez-vous?
LA NIOBÉ, à part.
Sa voix... j’entends sa voix !...
MARIETTA
Ce que je veux?... Vous rendre heureuse peut-être!
METAZZA.
Vous vous intéressez à moi?...
LA FILLB DO TINTORBT,
MARIETTE
De. toute mon âme. . •
METAZZA.
Oh! merci!.. Un élan du cœur m’entraîne aussi vers vous! Je ne vous connais pas, mais vous avez déjà toute ma sympathie, toute ma confiance !...
MARIETTA
Donnez-moi votre main! ;
METAZZA,
Soyez bénie, vous qui tendez la vôtre à Metazza l’orpheline !. .
LA NIOBÉ, A part.
Orpheline... ô mon Dieu !
MARIETTA
Et maintenant, répondez-moi... comme'si j’étais votre sœur!
METAZZA,
Vous l’ètes !
MARIETTA
Avez-vous jamais connu votre mère?
metazza.
Manière!...
LA NIOBÉ, A part.
Prolégez-moi, mon Dieu!...
MARIETTA
Répondez!...
METAZZA.
Non... je ne l’ai jamais connue... On m’a trouvée dans une maison en flammes, au temps des guerres civiles...
MARIETTA
Et vous n’avez aucun souvenir, si vague qu’il soit, de la chambre, de la maison, du jardin, où se sont écoulés vos premiers ans?
metazza.
Non...
MARIETTA
Du berceau où votre mère vous couchait chaque soir?
Non...
MARIETTA
De la ballade qu'elle chantait pour vous endormir?
METAZZA.
Non...
MARIETTA
Du baiser qu’elle vous donnait...
METAZZA.
Attendez... il me semble qu’une lèvre invisible vient d’effleurer mon front... Attendez... c’est comme un voile qui se déchire devant moi...
LA NIOBÉ, A part.
Seigneur tout-puissant !