ACTE IV, SCÈNE T
MARIETTA
C’est la nuit... une femme est assise à votre chevet. mettazza.
Elle me sourit... elle m’embrasse... je la vois confusément encore, mais je la vois...
MARlETTA.
En face du berceau, il y a une lampe qui brûle...
METAZZA.
Oui... au pied d'une madone...
MARlETTA.
Un homme masqué entre tout à coup et vous arrache du lit.
V METAZZA.
Un autre le suit de près... et j’entends alors,..
MARlETTA.
Quoi?..
METAZZA.
Un éclat de rire atroce !
MARlETTA. .
Puis...
METAZZA.
Puis... un cri terrible!.. (La Niobé qui, pendant toute la scène, s’est rapprochée sur les genoui, noyée de pleurs, jette un cri en étendant ses deux mains vers elle.) Ah 1 c’est vous qui êtes ma mère!..
LA NIOBÉ, ouvrant les bras.
Mon enfant! mon enfant! c’est elle! c’est ma fille!.. Embrasse-moi encore! toujours! J’ai bien souffert, va! J’ai été accablée d’injures et meurtrie de coups I J’ai perdu longtemps la raison! Oh! mais ne crairi9 rien, je ne suis plus folle, je ne veux plus l’être... je t’ai retrouvée!..
METAZZA, à Marletta.
Et c’est à vous que nous devons ce bonheur!..
LA NIOBÉ
Le bonheur! je n’y croirai vraiment que lorsque nous serons loin, bien loin de Venise, la ville maudite 1 II faut fuir, mon ange, fuir ce soir même, sur-le-champ! Je vais chercher une barque, nous y monterons toutes les deux, et je ramerai, jusqu’à ce que les ombres de la nuit nous enveloppent tout à fait !.. Nous irons toujours... toujours... malgré les ténèbres, malgré l’abime, malgré la tempête!., si elle éclaté, la tempête... eh bien! tu appuieras tes lèvres d’ange sur mon front qui brûle... nous nous laisserons aller ensemble dans les bras de l’Océan’ et nos âmes, sans se quitter, monteront au ciel en priant 1 Attends-moi. ■ • attends-moi... (D’Arexzo s’est caché derrière ua massif de verdure, et il écoule sans être vu.) Je la laisse avec vous, Marietta...
METAZZA, à part.
Marietta!..
LA NIOBÉ
Je reviens, mon enfant, je reviens ! (eiu sort.)
64 LA FILLE Dü TINTORIT.