‹ La fille mal élevéeChapitre 23 sur 34 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

DESORMES, FANNY.

FAXNY, surprise et effrayée. Ah I mon oncle I (Llle s'éloij^ne vivemcntdo la porte de la cbanibre

de sorte (jue Desormes setrouvc -T la place «[u'cllc

occupait ; mais le dus tourne i\ la porte nù est

Ernest.)

ER^ EST , /'en tr'ouvran t et voyant Désarmes . Diable! quclqu'im.

(Il rentre et referme la porte avec précaution.)

nESOP.MES, riant. Eli! là., là! qu'est-ce qui te prend ?... j'ai donc une ligure bien cftra vante aujourd'hui ?

l'ANW, naïvement et troublée. Ma\ii, non, mon oncle, non... pas plus qu'à l'ordinaire.

DESORME.s. jMerci du conqîliment.

FAKi.NY. Eh! niais, vous vous trompez... je veux dire que je vous trouve l'air aussi bon, aussi iiidiiIjUent (|u'à l'oidiiiaire.

DESORMES. Ah I ça vaut mieux de cette manièie... mais poiu' une personne qui est allée hier au ))al, tu t'es levé(' de bien bonne lieiire, à ci' qu'il me semble?

FAX\Y. Oli ! moi , le bal ne m'endort pas.

DE.SORMES. Ln souvenir de valse , de jjalop qui t'aura fait sauter hors de ton lit.

F.WNY , étourdiment. ^"ous vous trompez bien, mon oncle, car je ne.... mais vous... je vois pouiquoi vous êtes si matinal... vos Heurs que vous allez visiter... vous rrai.wnez qu'uni pied maladroit n'en ait maltraité quelqu'une, pendant l'alerte de cette nuit.

DESORMES. Du tout... je viens tout bonnement voir mes journaux.

FA\\Y, vivement. Ils ne sont pas encore venus.

DESORMES. Ah!

F.WNY, à part. Quel bonheur! il se serait mis à les lire... je n'aïuais jamais pu léloiyner.

DESORMES. Il faut que je les attende alors ( liépit de Fanny ) : ils sont bien en retard... Si je profitais de cette circonstance pom- faire tuie leçon à IM"' Fauny.

FAWY, troublée. A moi, mon oncle?

DESORMES. A toi... ce ne serait peutêtre pas trop mal à propos. . . qu'en dis-tu ?

F.\\\Y, à part. Ah! mon Dieul est-ce qu'il sait quelque chose ?

DESORMES, la menaçant du doigt. Tienstoi bien... ( souriant ) mais ne t'effraye pas trop.

FAlNXY, à part. On n'a rien découvert.

DESORMES. Je veux seulement causer avec toi.

FAWY. Tant que vous voudrez... mais au jardin.

DESORMES , regardant il la fenêtre. Y peiiscs-tu ?... il va pleuvoir...

i\\\Y, vivement. ]Nous prendrons un paiaphiie.

DESORMES. Ah ça ! il fatU que ce soit <|tielque surprise que tu m'aies ménagée... quelque chose de merveilleux à me faire voir... mais je l'ai mis dans ma tète, tu m'entendras auparavant.

FAMNY , allant vers la fenêtre. Ah ! mon Dieu!., mon bon oncle, voyez donc... le vtnit qui a renversé mon bel oranger... celui que vous m'avez doimé... Ah I venez... mais venez donc m'aider à le relever.

DESORMES. Allons... je veux bien aller relever l'oranger; mais tu n'échapperas pas à la morale.

([1 sort cntrainc pur elle.)

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