SCENE m
ERNEST , puis LEONIE.
ERNEST, entr'om'rant de nouveau sa porte. Bon ! mon petit anj;e protecteur est enfin parvenu à éloigner le digne oncle!., profitons du moment poiu- nous échapper.
Pourvu que la porte de la maison soit déjà ouverte. Allons... mais par oîi passer?., si j'allais me tromper... et au lieu de sortir, entrer, par exemple, chez la mère de Léonie... ce serait assez dramatique... et quelle nuit I jusqu'à six lieures du matin !.. la rage de faire le sentimental ; oh I si l'on m'y reprend... ( // cherche.) Ah! cette fenêtre... où donue-t-elle?.. sur le jaidiu... si je prenais ce chemin?... { Il fa a lajenêtre. ) Tiens... mon cabriolet au-delà du mur... brave!... ce pauvre Tom qui m'attend toujours... allons... ( Il met la main ti V espagnol elte.) Aie... j'oubliais que je n'ai plus qu'un bras... impossible... d'ailleurs vingt-cinq pieds. . . ma foi non. . . Une autre idée... un billet à Léonie, qui lui apprenne mon embarras ; Tom ira le porter. . . ( Il déchire un feuillet de son porlejeuille, et crayonne en parlant quehjues lignes) , c'est
cela... {A lafenétre.) Pst , pst... Tom
Allons donc... oui, c'est moi !.. l'imbécille, qui m'ôte son chapeau , au lieu d'avancer... tu dis... tu as été bien en peine ? il .y paraît... il dormait bien enveloppé dans la couverture du cheval... et moi qui le plaignais!... c'est mon alezan que je dois plaindre... une bète qui me conte mille écus... ça l'arrange joliment... ( A tajcnêlrs.) Eh bien! avanceras-tu?... Ce billet à la femme de chambre , pour sa jeime maîtresse... tu m'entends bien... va ! ( // ferme la fenêtre. ) En attendant, cherchons toujours... si c'était par là...
(Il va inellrc la main sur le houtoii de la porte (ini est dans l'arif^Ie j droite. La portes'ouvre, Ernest recule, Le'onie sort.)
EiW'EST. Léonie!
LÉOME. Ernest ici!
En\EST , courant à elle. Ah ! que vous avez bien fait de venir... je comptais sur vous.
LÉOME. Pour rien, poiu- rien, monsieur... sortez, sortez vite, mais sortez donc.
ERNEST. Je ne demande pas mieux.
lÉOME. Qu'atteiidez-voiis ?
ER.VEST. Mais, que vous m'indiquiez le chemin.
LÉONIE. Moi !... vous comptiez sur moi poiu- cela.. . vous voulez donc nie perdre.
ERNEST. Non ; mais je voudrais me sauver... Léonie, un mot.
LÉONIE. On peut me voir; on peut me voir, vous dis-je, Ernest... adieu, adieu... (Elle s'enfuit par la porte du fond.)
ERNEST, à lui-même. Eh bien ! elle
me laisse.... c'est aimable de sa part!
comment faire maintenant?... je suis furieux, oui, furieux, et j'ai raison
car c'est-à-dire, je ne sais pas si j'ai
raison., si l'on nous eùtaperçus!. ceci annonce au moins un grand fond de prudence... je ne puis pas ici m'attendre à ces dévouemens exaltés dont j'ai l'haljitude... toute r('-nexion faite, cela doit être bien.
ANNETTE, de la chambre de madame de Prangey. Oui , madame , un jeune homme... c'est comme si vous l'aviez vu.
ERNEST, écoutant. Vu , qui ? moi , peutêtre... Allons, me voilà pris... Vite dans
ma cachette Dieu sait comment j'en
sortirai maintenant.
(Il rentre dans la chambre de Fanny.)