‹ La fille mal élevéeChapitre 29 sur 34 · I.ÉONIE. Quelle imprudence · texte numérisé non relu

I.ÉONIE. Quelle imprudence

FANNY. Je voudrais être morte.

ERNEST , s'anançanl en saluant, et en passant tu main dans ses cheveujo* .^Vesàdimes , ne vous effrayez pas , je vous eu prie.

RAYMOND, s' appivcliant vivement d'Ernest. Son{;ez , monsieur.

ERNEST, l'écartant de la main. Ce n'est pas à vous que j'ai alfaire en ce moment... (A Fanny.) Pardon , m.idemoiseUe , mon apparition vous contrarie ]ieut-ètre, à cause de... {il montre la chambre d'uii il sort) mais l'on vous accusait , et j"ai dû...

FANNY, à part. Joli moyen de me disculper.

DESORMES, s'avançant vers lui en colère. Monsieur...

ERNEST, l'interrompant. C'est juste, vous

* Raj^monil , Fanny , Ernest , Desormes , M"» lie Prangey , L^onie,

ne me connaissez pas... lui seul mot va rendre à ma visite toute la conveaance possible {en riant) dans les circonstances.

{Avec fatuité. )^\ncstAe. Chatenoy... trente mille livres de rente... c'est-à-dire vingtneuf , à cause d'un pari de vingt mille francs perdu l'autre jom\.. ce qui a décomplété la trentaine... de la jeunesse, des espérances dans l'avenir, dans le passé des ancêtres, et le désir d'avoir des descendans : {continuant une foule de petits salais) voilà ce que je suis , et ce qui m'a rendu assez haidi pom- venir vous adresser... une demande en mariage.

DESORMES. Une demande eu maiiage?..

ali!...(^/)n;/.) Un fat !

ERNEST. Précisément , monsieur.

FANNY, à Ernest. Si c'est pour cela que vous vous êtes montré, à la bonne heure... Ah ! que je suis contente ! {A /li'"" de Prangey. )'\' ous voyez bien, ma tante.

MADAME DE PRANGEY, à Fanny. Vous avez raison, de vous réjouir mademoiselle ; car certes —

DESORMES, à Ernest. Ainsi, monsieur, c'est la main de ma nièce...

ERNEST. Que je serais heureux d'obtenir... {A Raymond.) Ce qui ne m'empêchera pas , monsieiu', de vous oiTrir toutes les satisfactions imaginables.

RAYMOND, avec un soupir. Celle-là nxe suffit , monsieur.

ERNEST. Fort bien... alors , touchez là, monsieur.

MADAME DE PRANGEY. Suivez-moi, Léo-

nie.

ERNEST. Comment, madame, vous emmenez mademoiselle?... ne me permettezvous pas auparavant...

MADAME DE PRANGEY. C'est à mon frère, monsieur, qu'il faut vous adresser?

hi.O'Slt:, suivant sa mère. Ah ! mon Dieu ! que va-t-on penser de moi, lorsque tout va s'éclaircir.

(M""" de Prangcy et Le'onie sortent, Desormes les accoinpagoc jusqu'à la |)ortc.)

ERNEST. Eh bien ! elles s'en vont ! . . ah ! je comprends... les convenances... elles exigeraient certainement aussi que (]uelqu'un voulût bien me servir dinterprèle en ce moment, mais... {Se retournant vers Raymond.) Eh ! parbleu , monsieiu- Kaymond , vous devez voir l'embarras où je me tiouve.... serait-ce abuser de voti'e complaisance que de vous prier...

RWMOND. Moi, monsieur?

ERNEST. Vous êtes trop aimable pour me refuser.

RAYMOiND , il lui-même. Ah I monsieur

LE MAGASIN THÉATRAU

Ernest, vous èlcs bien le plus Lcimiix mauvais sujet de toute l'aïuK-e.

En^EST. De l'année... moi, monsieur?

Vous me faites trop iriionneur. [A pcirl.) Pas seulement de la garde nationale.

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