‹ La fille mal élevéeChapitre 30 sur 34 · FANNY, RAYMOND , ERNEST , DESORJMES · texte numérisé non relu

FANNY, RAYMOND , ERNEST , DESORJMES

F.\Nivy. Ali ça ! mais si ma tante et ma cousine s'en vont... que je suis étoiudie... il faut que je m'en aille aussi.

DESORMES. Restez , mademoiselle.

FAW'Y. Que je reste... pourquoi donc ?

{A part. ) On n'a pourtant pas besoin de mon consentement pour marier Léonie.

(Elle passe k gauche.) ERNEST, (> Raymond. Monsieur , c'est à vous de... Vous êtes mou père en ce moment.

R.-VYMOND , h lui-même. Allons , puisque c'est là le bonlieur qu'elle a choisi. ( Passant auprès de Desormes. * ) Monsieur Desormes.

DESORMES , l'arrêtant au moment où il va parler. C'est assez... maintenant que ma sœur n'est plus ici , les cérémonies sont superflues. ( ,4 Ernest. ) Je connais votre nom, monsieur , il est honorable infiniment plus que votre conduite. ..D'ailleurs la manière dont vous vous êtes introduit dans cette maison , et celle dont vous vous y présentez, rendent parfaitement inutiles toutes les informations. Je vous accorde donc , avec beaucoup de regret , très malgré moi , parce que je ne puis m'en dispenser, la main de mademoiselle Fanny Beauclair que voici.

FA\!MY. Ma main à monsiem- .'... ÎMais mon oncle...

DESORMES. Pai.v, mademoiselle.

ERNEST. Certainement , monsieur , je regarderais connue un bonheur iuima(;inable l'oflic que vous me faites en ce moment... mais il y a deux petites diUicultcs... La première, c'est que madenioiselle n'y consentirait pas.

DESORMES. Connneut! n'y consentirait pas !

FANNV. Mais non certainement , mon oncle.

* Ernest, Raynioml, Desormes Fanny.

RAYMOND , il part. Qu'entends-je?

DESORMES. Ceci est un peu fort.

FANNï. C'est tout simple au contraire... Est-ce qu'on épouse les gens qu'on n'aime pas , et qui ne vous demandent pas?

i;uNEST. Ceci est paifaitemeut juste.

DESORMES. Qu'est-ce à dire ?

ERNEST. Yoici... vous faites erreur en ce moment, monsiem-... erreur de personne... Il s'agit de mademoiselle Léonie.

DESORMES. Léonie.

RAYMOND , à lui-même. Léonie !

ERNEST. * Oui, monsieur, delà charmante Léonie... Ce modèle des grâces les plus accomplies.... Certes, mademoiselle Fanny...

FANNY, r interrompant. Oh! mademoiselle Fanny trouve tout naturel qu'on lui préfère sa cousine.

ERNEST. Trop modeste, véritablement. ..

Expliquer ainsi ma pensée, c'est lui prêter une impertinence dont elle est à mille lieues.

DESORMES. Ail ça ! monsieur , auriezvous l'intention de joindre l'ironie à l'outrage ?

ERNEST, de bonne foi. Licapable, monsieur, parole d'honneur... Surtout lorsqu'il s'agit de l'accomplissement d'un devoir... Je vous réitère la demande de la main de mademoiselle Léonie de Prangey.

F.VNNY. Comprenez - vous maintenant, mon oncle ?

DESORMES. Non, mademoiselle, jene comprends pas comment on sort de la chambre d'iuie jeune fille pour en demander mie autre en mariage.

ERNEST. Ah! oui... je conçois... ceci jicut send)ler bizarre au premier coup d'œil .. La vérité , monsieur, c'est que je ne dois à mademoiselle Fanny qu'une vive reconnaissance , parce qu'elle m'a sauvé la vie... mais que c'est à mademoiselle Léonie que je dois mon amour ; car Léonie seule m'a donné quelques droits sur son cojur.

DESORMES. Des droits... des droits!..

Y ous n'oseriez pas avancer mie ])areille chose sans en oll'rir la preuve , monsieur.

ERNEST. Tropgalanthouunepourccla.. .

mademoiselle Li onie elle-même confirmera... mais c'est un léger embarras que

* Raymond, Eincsl, Dcsoinjef,F.innv,

je vais lui éviter. Ces lettres que j'ai toujours sur moi. ( // les présente. ) Aux termes où uous eu sommes , il u'y a pas d'indiscrétion?... Un oncle... et un mari bientôt. DESORMES. Que vois-je ! {A Ernest.) Est-ce là votre preuve , monsieui- ?

ERNEST. IMais je ne pense pas qu'il puisse y en avoir de plus claire.

DESORMES , montrant la lettre à Fanny.

Connaissez-vous cette écriture ?

FAi\NY , stupéfaite. Mais oui , c'est la mienne.

ERNEST. La vôtre!., voilà qui est original, par exemple.

RAYMOND. Vous avez donc écrit pour une autre?

FANNY. Il le fallait bien... monsieur attendait une réponse. On avait la main blessée... on s'est servi de la mienne... J'ai eu tort , je le vois ; mais im mot de Léonie va tout réparer.

DESORMES. Il faut sortir sur-le-champ de cette incertitude. {^S^ approchant de la chambre de madame de Prangey. ) Ma sœur.. Léonie.

FANNY, à part. Oh! je puis être tranquille , maintenant.

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