‹ La fille sauvageChapitre 79 sur 100 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

cinq minutes d’entretien avec moi, Totilo n’hésitera plus à m’emmener.

JEAN

Vous tenez donc beaucoup à vous exiler chez ces brutes ?

MARIE

J’ai du chagrin et ne suis pas de caractère à m’ensevelir dans d’éternels regrets. L’existence aventureuse qui se présente me distraira.

JEAN

En attendant votre départ ne peut-on essayer de vous consoler?

C’est précisément pour vous confier ce soin que je vous ai retenu. Mon cher Jean, j’ai découvert que les grands hommes ont deux façons de pratiquer l’égoïsme. Les uns ne cherchent que le plaisir, les autres sacrifient tout à leur ambition. Les premiers sont d’un commerce charmant, lorsqu’ils vous font participer aux joies qu’ils vous demandent, alors que les seconds ne vous procurent que des peines. Vous êtes un égoïste de l’espèce partageuse. Recevez-moi dans votre confrérie...

JEAN

Pour nous amuser ensemble? “

MARIE

Ma foi oui... Je ne suis plus l’être tout d’une

pièce que vous avez connu. Vous me voyez capable de calculer froidement pendant que la passion me ravage et d’appeler le plaisir de tout mon cœur désolé...

JEAN

Je suis là pour vous répondre.

MARIE

Demain, à trois heures, je sortirai pour aller soidisant à la Sorbonne, et me rendrai directement chez vous.

JEAN

Enfin vous comprenez la vie : quelle chance! Mais vous allez vivre au loin : c’est désolant !...

RIDEAU

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