SCÈNE PREMIÈRE
KIGÉRIK, TOTILO
Kigérik arrive avec Totilo. Ils sont suivis de Boussoro et d’une escorte de soldats, Kigérik est dans la force de l’âge. — Totilo est devenu un vieillard très cassé, s’appuyant sur un bâton.
KIGÉRIK, à l’escorte.
Retirez-vous à Pombre et si quelqu’un veut approcher ne Pen empêchez pas. Totilo, viens, allons nous reposer auprès de la fontaine.
TOTILO
Comme jadis, lorsque j’allais en promenade avec le petit Kigérik. (iis s’étendent sur le gazon.) Pourquoi, sire, ordonnez-vous de laisser approcher les passants ? (Avec un coup d’œil malicieux.) Est-ce avec Pespoir qu’une nouvelle fille sauvage va sortir du bois ?
KIGÉRIK, riant.
Tais-toi, ou je mobilise tout un corps d’armée pour occuper les sentiers de la montagne et nous garantir d’une pareille invasion. Il y a, dans le royaume, place pour une fille sauvage ; mais deux, non !... Hier, quand la reine a manifesté l’intention de monter jusqu’ici, j’ai envoyé à la recherche d’un vieux braconnier célèbre par ses exploits. Il va venir. Je ne veux pas que les soldats lui barrent le passage.
TOTILO
Ah! Ah! Je comprends! La reine, en arrivant, apercevra le bonhomme qui l’avait prise au piège. Cela contribuera merveilleusement à lui rendre la sensation du passé, que, sans doute, elle vient
chercher. (Le bûcheron s’approche.)