‹ La fin d'un peupleChapitre 86 sur 166 · Lerasseur, Hist. des clas. ouv., p. 39 et s · texte numérisé non relu

Lerasseur, Hist. des clas. ouv., p. 39 et s

l'esclavage et le travail 139

A l'époque d'Auguste, les esclaves ne manquent pas encore, et tout ce qu'il y a à Rome de grande industrie est entre leurs mains : lorsqu'on ne peut pas Tendre le produit de leur travail, on loue leur travail lui-même. Crassus, le triumvir, possédait cinq cents maçons, par lesquels il réalisait d'immenses bénéfices. Il avait acquis, au lendemain des proscriptions de Sylla, d'immenses terrains; il se gardait bien d'y bâtir : — « L'homme qui fait bâtir, avait-il coutume de M dire, court à sa ruine et est son pire ennemi » ; il les vendait à quiconque prenait l'engagement de construire, et d'employer à la construction ses cinq cents esclaves. « Bien qu'il possédât, dit Plutarque, de nombreuses mines d'argent et d'immenses domaines, cela n'était rien en comparaison du profit qu'il tirait par ce procédé M).

Quel mépris les écrivains du siècle d'Auguste manifestent pour ce travail industriel, ce vil monopole de l'esclave I Lorsque Denys d'Halicarnasse écrit : « Romulus ne permit aux personnes libres que deux sortes d'exercices, ceux de -la guerre et ceux de l'agriculture; il laissa l'industrie aux étrangers et aux esclaves, sachant que les métiers sédentaires et les arts mécaniques ne servent qu'à entretenir les passions honteuses, à fomenter les cupidités, à énerver le corps et à abrutir l'esprit », — c'est les idées de son époque qu'il met sut le compte du passé. Et de même, il n'est pas bien sûr que l'un des principaux griefs, faits par Brutus à Tarquin le Jeune, fût, (comme veut Tite-Live,) d'avoir employé de force les

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