‹ La fin d'un peupleChapitre 88 sur 166 · Aulul · texte numérisé non relu

Aulul

l'esclavage et le travail 141

nous serions fort embarrassés pour trouver, dans notre langage français, un vocabulaire aussi riche.

Qu'étaient ces nombreux boutiquiers, ces modestes commerçants que Cicéron nous présente, dans une de ses Catilinaires, comme des conservateurs en politique : « Il ne s'est trouvé, disait-il, aucun artisan assez pauvre, ou assez perverti, pour ne pas vouloir conserver son réduit, son modeste lit et son échoppe où il gagne son salaire *de chaque jour. Comment les gens de cette classe n'aimeraîent-ils pas avant tout la tranquillité? Leur industrie, leur travail, leurs profits ne se soutiennent que par l'affluence des citoyens, ne s'alimentent que de la paix. C'est une perte sèche pour eux quand leurs boutiques restent fermées. Que serait-ce s'il les voyait brûler * » ? Ici du moins, les descendants des vieux laboureurs italiques ont ils trouvé un honnête et modeste moyen de gagner leur vie?

S'ils avaient été des hommes libres, des citoyens, des Romains, eût-on marqué les artisans, a la canaille du marché Vélabre et du quartier Toscan » selon l'expression d'Horace, de ce mépris dont les témoignages nous apparaissent nombreux, — d'un mépris égal à celui qui frappait les travailleurs industriels? Tite-Live, parlant du consul plébéien Varron, s'indignerait-il qu'il fût d'une naissance, non point obscure, mais vile, attendu que son père avait été boucher, marchand de viande au détail? Cicéron, quelques années avant Tite-Live, eût-il écrit que « le commerce fait en petit ne convient qu'aux esclaves, et que la

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