‹ La fin de BabyloneChapitre 38 sur 57 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

L'orgie dans les rues. — Les préparatifs du festin. — La toilette des femmes. — Défilé des grands. — Balthazar et sa favorite, — Les services. — Les vins. — Coquetterie des femmes. — Les stupéfiants et les excitants. — Irritation des femmes. — Les vases sacrés. — Hallucination de Balthazar. — « Mané, Th'ecel, Phares. > — Interprétation du Mage. — L'apparition de la reine. — A la recherche de Daniel. — La croix gammée. — L'explication de Daniel. — La grande ivresse. — Les prostituées et les gitons. — Les portes s'écroulent. — Apparition de l'armée de Cyrus.

Au dernier jour de la fête de Sacca, l'orgie atteignit à son comble dans tout Babylone. Des foules en délire parcouraient les rues. Sur l'ordre de Balthazar, les grands négociants en vins avaient dû ouvrir leurs caves à tous. Maîtres et esclaves, confondus, s'efforçaient d'oublier que les présages étaient mauvais et que l'œuvre de Cyrus faisait d'inquiétants progrès.

Vietrix lui-même avait perdu de son assurance.

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Cette orgie déplaisait à son caractère de Gaulois équilibré. Il prenait du mépris pour ces pauvres Asiatiques, ces satrapes qui tombaient perpétuellelement d'un excès dans l'autre, incapables de garder le pouvoir, cruels à la guerre, 'efféminés dans la paix.

— Tu sais, Anouké, dit-il à la fillette avant de partir au banquet, que les esclaves sont aujourd'hui libres. C'est le rite de Sacca. Tu es deux fois à moi, puisque je t'ai achetée deux fois. Eh bien! je t'affranchirai. Mais tout à l'heure, au retour du festin, je veux que tu sois non seulement mon égale, mais, comprends-tu? ma maîtresse.

La fillette hochait la tête, regardant Vietrix de son air rieur et mystérieux.

— Si cela me plaît, dit-elle enfin.

— En voilà assez î dit Vietrix. Le^ Perses vont entrer en ville. Tu refuses de m'obéir. Je ne veux pas te battre, non plus te violenter. Cela n'est décidément pas dans mon tempérament. Mais je t'abandonne à ton sort. J'ai autre chose à faire que de m'occuper d!une petite esclave de ton espèce. Je te vendrai, ma fille ! je te vendrai à quelque autre Canabal, Et je m'en irai, moi, à la recherche de la femme à la croix gammée que le destin m'a réservée !

Anouké eut un long éclat de rire, puis elle s'assombrit, et, comme il sortait, il parut à Vietrix qu'elle pleurait.

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