LA GRANDE INXANTATION ET L ORGIE SACREE
-OJ
coups de couteau, de grands diables, armés de verges avec crocs de fer, frappaient à coups redoublés sur la foule nue, accélérant le rythme de l'orgie sacrée. Des outres de vin mêlé d'aphrodisiaques avaient été apportées. La musique était devenue frénétique. Des parfums singuliers d'encens acres se mêlaient à l'odeur de la chair humaine grillée.
Le délire atteignit à son comble. Des hommes venaient de se mutiler volontairement et ils jetaient les précieux attributs virils dans le gouffre de Bel. Des femmes se précipitèrent sur eux et, pareilles à des furies, commirent un monstrueux simulacre d'amour sur les volontaires eunuques. La foule, tournoyante et enlacée, sombrait dans le sang et la folie.
Mais soudain le jour parut. Un clair rayon de soleil perça la haute voûte du temple. Alors, comme par enchantement, l'orgie s'arrêta. Hommes et femmes se voilèrent la tête et, un à un, sortirent du temple. Quelques blessés et cadavres demeuraient seuls sur le carreau. Quand tout le monde fut sorti, les prêtres et leurs aides remirent un peu d'ordre et, sans plus de cérémonie, jetèrent tout ce qui traînait dans la fournaise encore incandescente.
Vietrix et Mat-Shan sortirent ensemble.
— Si Bel n'est pas apaisé, dit le jeune Gaulois, c'est vraiment qu'il est difficile.
— Le grand prêtre a voulu sauver la face, dit-il. Mais je ne crois point qu'il soit satisfait. Les sacrifices ont été absolument inutiles. Ça va mal ! Ça va bien mal !