‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 167 sur 511 · COMPOSITION DES BUREAUX INTERMEDIAIRES · texte numérisé non relu

COMPOSITION DES BUREAUX INTERMEDIAIRES

Les instructions du 3 novembre 1787 créaient une incompatibilité entre ces fonctions et l'administration provinciale ; l'Assemblée, par ses pressantes instances, obtint le retrait de cette défense (l). Agé de quarante-cinq ans environ, homme d'une compétence indiscutable et d'une conscience à toute épreuve, Le Telier de Vauviile devait assumer en très grande partie la tâche d'administrer pendant trois ans le ressort provincial de la Basse-Normandie. Son nom résume l'administration provinciale nouvelle en face du représentant de l'ancien régime, l'intendant Cordier de Launay.

Les bureaux intermédiaires, chargés d'administrer, sous le contrôle et le direction de la Commission intermédiaire, les neuf élections ou départements de l'ancienne généralité, avaient été constitués par la première moitié des administrateurs de l'élection au début d'octobre 1787 (''. Ils avaient pour président de droit celui de l'assemblée de département et comprenaient chacun quatre membres, un du clergé, un de la noblesse, deux du Tiers état.

L'abbé Méry de Berthenonville, doyen de la collégiale du Saint-Sépulcre de Caen, présida le bureau intermédiaire de Caen, dont les membres étaient Duclos Le Goupil, chanoine du Saint- Sépulcre, de Charsigné, seigneur d'Héritot, Pitet le jeune, prieur juge consul à Caen et Renouard, propriétaire à Sermentot. A Avranches, sous la présidence de l'évêque, le bureau intermédiaire réunit un vicaire général du diocèse, l'abbé de Brigeat, un seigneur des environs, Payen de Chavoy, et deux avocats, Lecourt et Cordoen. Le comte d'Osseville, qui présidait à Carentan, eut pour collègues le curé de la ville, l'abbé Desplanques, un ancien capitaine d'infanterie, Duprey-Desisles, et deux avocats, Laurence et Caillemer, ce dernier bailli de Coigny. Au bureau intermédiaire de Bayeux le clergé ne compta comme membre, en l'absence de l'évêque ;;', qu'un de ses vicaires généraux, l'abbé de Pradelle, auteur d'un ouvrage sur « les Déports en Normandie » ; ce fut un noble, Dufayel de Berné, qui le présida ; les deux membres du Tiers étaient le médecin Dozeville et un avocat, DeJauney. Le bureau de Coutances avait pour président l'abbé de Cussy, qui devait périr sur l'échafaud le 3 thermidor an II ; on lui avait adjoint Bonnier, curé de Muneville-le-Bingard, Leforestier de

(1) Arch. dép., Calvados. C 7667.

(2) Voir ci-dessus, chap. III, p. 52.

(3) Arch. dép., Calvados, C 7655. L'évêque n'assista qu'à une séance du bureau, 1<- 29 janvier 1788

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Mobecq, seigneur de Ver, Bonté, médecin à Coutances et Hugon la Cour, armateur à Granville. Le comte de Vassy présida le bureau de Mortain, comme seigneur de Brécey ; les autres membres étaient Le Do, chanoine de l'église collégiale de Mortain, le comte de Chevrue, le marquis du Mesnil Tôve, Passais de Montbenoît, procureur du roi au bailliage, et Le Rebours de la Pigeonnière, avocat à Saint-Hilaire du Harcouët. A Saint-Lô, le comte de Montfarville, le défenseur des paysans à l'Assemblée provinciale, président, fut assisté par l'abbé de la Bazonnière, curé de Rampan, Duchemin de la Tour, Courtin de la Gervaisière, conseiller à l'élection et Lemenuet de la Jugannière, avocat à Saint- Lô. Le comte d'Octeville, qui présida le bureau intermédiaire de Valognes, eut pour collaborateurs Dussault, curé d'Alleaume, le baron d'Anneville, Le Véel, ancien notaire, et Duméril, médecin à Valognes. À Vire enfin, le comte de Sourdeval avait remplacé comme président le marquis de Ménillet décédé ; les autres membres du bureau étaient l'abbé de Cheux, curé de Vaudry, Brouard de Clermont, ancien lieutenant général du bailliage, Mauduit, avocat et maire de Vire, Monlien de Perthou, président honoraire de l'élection.

Sur les dix-huit membres du Tiers état que comptèrent les neuf bureaux intermédiaires, douze appartenaient à la robe : officiers des bailliages ou des élections, avocats de villes ou de bourgs, Au sein de ces bureaux comme au sein de la Commission intermédiaire provinciale, c'étaient les gens de loi qui allaient jouer le rôle principal. Leur action devait se trouver renforcée par la collaboration des procureurs-syndics attachés à chaque bureau pour la correspondance et l'exécution de ses décisions. Nous avons vu plus haut comment avaient été choisis ces syndics {l>. Les neuf syndics du Tiers état appartenaient à la magistrature ou au barreau. L'examen des registres qui nous sont conservés nous montre l'importance de leurs fonctions. Le Tuilier à Coutances, Costy à Caen, Lemonnier à Saint-Lô, Surbled des Moulins à Vire, Le Reculey de la Huberderie à Carentan, Le Tellier à Bayeux, furent les chevilles ouvrières de la nouvelle administration en face des subdélégués indifférents, démissionnaires ou déchus.

La composition des bureaux intermédiaires varia assez peu : celui de Bayeux fut privé des talents de Delauney dès le mois de mai 1789, par suite de son élection aux Etats généraux. Le prési-

(1) Voir ci-dessus, chap. 111, p. 14-45.

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