ACTIVITÉ DES BUREAUX INTERMEDIAIRES
ne s'assembla que dix-neuf fois du 22 octobre 1787 au 4 mai 1790, c'est-à-dire une fois par mois environ ; celui de Valognes ne tint que vingt-trois réunions du 15 mars 1788 au 10 octobre 1789, époque où s'arrête son registre de délibérations W. D'autres bureaux firent preuve d'une plus grande activité. S'il faut en croire les procès-verbaux de délibérations fc[ui nous en restent, le bureau d'Avranches ne se réunit pas moins de cent trente quatre fois du 22 octobre 1787 au 14 août 1790, date de sa dernière séance. Bien que les procès-verbaux ne soient jamais signés, en ce qui concerne Avranches, que par le président de séance et le secrétaire, il est à peu près certain que les assemblées furent effectivement tenues. La plupart d'entre elles devaient être d'assez courte durée ; quatre, cinq et six membres y sont comme présents, et quand la matière à traiter était importante, on ajournait à une date ultérieure pour en délibérer en présence de tous les membres du bureau (2). Même activité, vraiment incroyable, chez les administrateurs des départements de Bayeux, de Vire et de Caen : délibérations à peu près hebdomadaires, parfois même plus fréquentes (3). Les membres de certains bureaux se plaignaient de ne pouvoir, même en déployant tant de zèle, satisfaire à tout, par suite de l'accroissement de leurs occupations. « L'inspection des grandes routes a exigé six semaines « d'absence pour le commissaire et un des syndics, disent les « administrateurs de Bayeux : l'autre est pendant ce temps chargé « de la correspondance et de l'administration du bureau, et les « autres membres peuvent être obligés de se déplacer pour procès- « verbaux de réparations d'églises et de presbytères, pour bannies x de ces ouvrages ou autres objets qui exigent des déplacements » (4).
(1) Long silence de ce registre du 30 avril au 28 décembre 1788.
(2) Exemple pour la séance du 15 mars 1788. Arch. dép., Manche, C 238.
(3) Parfois sept, huit et neuf séances dans le même mois, comme à Vire pour les mois de septembre 1788, décembre 1789, janvier, février, mars et mai 1790. Ibid., Calvados, C 7726. L'observation du registre de Vire ferait naître un doute, que n'éveille pas le registre d'Avranches. Les signatures se pressent parfois entre deux procèsverbaux successifs dans un espace parcimonieusement ménagé. Ces réunions, si fréquentes sur le papier, n'auraient-elles pas été parfois fictives ? Le bureau intermédiaire de Caen tint 111 séances du 24 janvier 1788 au 6 août 1790 ; ses membres, qui habitaient la ville, se réunirent effectivement à peu près toutes les semaines, et à certaines périodes (novembre 1788 et décembre 1789), deux et même trois fois chaque semaine.
(4) Ibid., Calvados, C 7651. A Avranches, on voit le bureau intermédiaire déléguer un membre de l'assemblée départementale, Burdelot, pour vérifier l'étendue des travaux de réparation nécessaires à la route d'Avranches à Pontorson. Ibid., Manche, C 238.