‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 213 sur 511 · PEU DE VOIX DISCORDANTES · texte numérisé non relu

PEU DE VOIX DISCORDANTES

onze paroisses voisines W. « Le sacerdoce et la noblesse du royau- « me ne peuvent suppléer votre peuple, écrivaient au roi les « officiers municipaux de Granville ; V. M. n'a pas entendu, en « consultant la volonté générale, établir entre son peuple et elle « une aristocratie qui pourrait s'emparer des propriétés comme « du droit de suffrage. » — « Nous ne pouvons voir avec indiffé- « rence, disait la municipalité de Cherbourg, le préjudice qu'on « se propose de faire aux intérêts du Tiers état. . . Il n'y a pas « de loi constitutionnelle sur la convocation des Etats généraux ; « il n'y a que des usages, et encore contradictoires. » Barfleur, à son tour, faisait remarquer au roi qu'il n'était nullement lié par l'avis des Notables, purement consultatif, et qu'il était en la circonstance le souverain arbitre {'lK

Peu de voix détonnèrent dans ce concert presque unanime de revendications. Sans doute, la Commission intermédiaire provinciale de Caen, fidèle aux anciennes traditions, arrêta « que la vieille forme de nomination aux Etats généraux était la seule constitutionnelle et que les trois ordres devaient être bien distincts » (3J. Sans doute, le Bureau des finances de Caen, jaloux de ses antiques privilèges, demanda le retour d'une procédure oubliée depuis deux siècles W. Ces rares cris se perdirent, impuissants, au milieu de la clameur générale.

Au lieu de s'appuyer avec l'étroitesse de vues de ces quelques retardataires, sur des précédents historiques incertains et contestables, la majorité des citoyens du Tiers état Bas-Normand

3 janvier 1781). Arch. comm. Cherbourg, AA 64 et Arch. nat., Bîl 27, 1.45. Cf. Arch. dép., Calvados, C 6352, pour l'envoi des mêmes pièces à l'intendant. — Lettre de Ouprey. avocat, à la municipalité de Cherbourg, 10 décembre 1788. Arch. comm.. Cherbourg, AA 64.

(1) Très humbles cl 1res respectueuses supplications de la municipalité, des bourgeois et habitants du bourg et paroisse de Bricquebec et des municipalités des paroisses circonuoisines adressées à Mgr. le Directeur général des finances pour cire portées au pied du tronc, s. d., mais antérieur au 14 janvier 1789, date de la réception à Versailles. Les onze paroisses adhérentes sont : Le Rozel, Saint-Germain-le-Gaillard, Baubigny. Senoville, Saint-Paul-des-Sablons, Le Vretot, Magneville, Quetletot, Saint-Martin. Les Perques et Sottevast. Arch. nat., Ba 27, 1. 45.

(2) A la même époque, un mémoire anonyme intitulé Considérations du Tiers état de la province de Normandie sur la forme des futurs Etats généraux exposait au Roi les « justes alarmes du Tiers état, qui est à la population du royaume ce que sont 92 à 100 ». Publié par Hippeau, ouv. cité, t. VI, p. 316-327.

(3) Arrêté du 11 novembre 1788. Arch. dép. Calvados, C 7641.

(4) Lettre de Bois-Martin, député du Bureau des finances de la généralité de Caen,, au garde des sceaux, du 17 novembre 1788, accompagnant une délibération de ce Bureau, du 10 septembre 1788, « établissant ses droits et sa compétence lors de la tenue des Etats généraux et de ceux de la province de Normandie. » Arch. nat., B'1 27,1.45.

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