MALAISE ÉCONOMIQUE. L'ÉMEUTE DE CAEN
des campagnes était réduit à la plus grande détresse : le froment, le sarrasin, nourriture principale du paysan bas-normand, le cidre manquaient. Des épizooties avaient décimé le bétail ; la rareté du bois rendait le combustible très cher. Ce profond malaise économique, supporté avec résignation dans les villages, amena des désordres dans les villes, où les souffrances s'exaspéraient par le contact. La moindre occasion y était propice à l'émeute. A Caen, le 5 janvier 1789, veille de l'Epiphanie, les boulangers, avec l'autorisation du lieutenant général de police, avaient supprimé la distribution traditionnelle du « gâteau des Rois » al La foule irritée força et pilla leurs boutiques ; elle se rua ensuite à l'hôtel du lieutenant général qu'elle envahit. Elle en brisa les portes et les fenêtres, vola tous les meubles de la cuisine, les « nipes « de la domestique, tenta de mettre le feu à la maison, brisa les bois et les volets des fenêtres et les jeta dans la rue W. Les troupes de la garnison et la milice bourgeoise purent contenir l'émeute, mais la situation était grave et il fallut prendre des mesures urgentes pour secourir les indigents et faire cesser les troubles. On chercha des ressources de tous côtés. Le nouveau directeur du théâtre de Caen donna une représentation au bénéfice des pauvres (T!|; les grenadiers du régiment d'Artois, qui étaient de garde aux représentations, abandonnèrent au profit de ceux-ci la solde attachée à leur service. Les prieur et jugesconsuls versèrent la dépense de leur repas de corps annuel, soit 1.200 livres, entre les mains des curés de la ville qui préparaient
les Onservations générales annexées aux états d'imposition de 1788 conservés pour les les élections de Caen et de Vire ; voir les paroisses suivantes : 1° dans l'élection de Caen : Benouville, Arch. dép., Calvados, C 7835 ; Billy, C 7841 ; Bissières, C 7812 ; Blainville, C 7843 ; Cheux, C 7865 ; Colle ville-sur- Orne, C 7871 ; Colombelles, C 787-2 ; Espins, C 7887 ; Grainville-sur-Odon, C 7906 ; Grcntheville, C 7907 : Juvigny, C 7919; Le Locheur, C 7926; Longvillers, C 7927; Montigny, C 7942 ; Monts, C7943; les Moutiers, C 7947; Mutrécy, C 7948; Parfouru, C 7953; Bocquancourl. C 7963 ; Saint-Aubin-d'Arquenay, C 7969 ; Saint-Ouen-du-Mesnil-Oger, C 7979 ; Saint-Pair, C 7980; Saint-Pierre-du-Jonquet, C 7981 ; Sannerville, C 7987 ; Touffreville, C 7996 ; Troarn, C 8000 ; Troismonts, C 8001 ; Vacognes, C 8002 ; Valineray. C 8004 : Vieux, C 8009; — 2° dans l'élection de Vire : Champ-du-Boult, C 8026 ; La Lande-Vaumont, C8041; Le Mesnil-Benoît, C 8046 ; Ondefontainc, C 8053 ; Perrigny, C 8054 ; Saint-Sever, C 8078.
(1) Esnault, Mémoires de Caen, t. I, p. 2. Cf. Dufour, Mémoire et Remarques, t. I, p. 29.
(2) Lettre de Le Harivel de Gonneville, lieutenant général de police, à l'intendant Cordier de Launay. 6 janvier 1789. — Lettre «le celui-ci à Necker (même dalej. Arch. dép., Calvados, ( : 26?5:
; Journal de la Basse-Normandie, 1789, n°3. Ou donna en spectacle l'Amant jaloux
el la Dut.. 18 janvier 1789.