‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 295 sur 511 · LES CAHIERS DES ASSEMBLEES URBAINES · texte numérisé non relu

LES CAHIERS DES ASSEMBLEES URBAINES

minée, comme celle-ci, dans 1.200 bourgs et villages, elle se concentrait dans une douzaine de villes, de faible ou de moyenne importance, dont la plus peuplée, Caen, ne comptait que 50.000 habitants. Dans chacune de ces villes, le Tiers état a rédigé son cahier de doléances ; mais tous ces cahiers n'ont pas été conservés. On n'a pu retrouver ceux d'Avranches et de Mortain ; l'on n'en connaît aujourd'hui que neuf, ceux de Caen, Bayeux, Vire, Cherbourg, Valognes, Saint-Lô, Carentan, Coutances et Granville.

Leur mode de confection n'a point été partout le même. Trois d'entre eux, ceux de Carentan, Saint-Lô et Vire, sont l'expression directe des vœux du Tiers état urbain, réuni en assemblée générale, à l'instar du Tiers état des campagnes. Dans les six autres villes, où le Règlement du 24 janvier 1789 avait prescrit, avant la tenue de l'assemblée générale urbaine, celle de réunions préparatoires comprenant les divers groupements du Tiers état urbain (corps et communautés, et citoyens non incorporés), le cahier est une compilation obtenue par la fusion des doléances, verbales ou écrites, apportées à l'assemblée définitive des hôtels de ville par les délégués des assemblées préliminaires. M. Bridrey croit que, dans les quatre villes du Cotentin où se tinrent ces réunions préparatoires, les corps et communautés s'abstinrent de rédiger un cahier dont la présentation n'était pas obligatoire, et chargèrent leurs députés d'exprimer verbalement leurs griefs à l'assemblée générale fl\ A Caen et à Bayeux, au contraire, des cahiers particuliers furent rédigés par les corps et corporations ; on en a conservé 39 pour la première de ces villes, et 11 pour la seconde.

Quelle qu'ait été la procédure adoptée pour la rédaction des cahiers urbains, ce fut partout l'élite du Tiers état qui en inspira le contenu et qui en rédigea la formule. Les commissaires rédacteurs, chargés de cette tâche, appartenaient à la robe ou à la bourgeoisie.

Carentan et Vire sont les deux seules villes qui semblent n'avoir pas désigné de commissaires ; le cahier fut l'œuvre collective des assistants qui se trouvaient au nombre de 106 dans la première (2) et de 171 dans la seconde (3). L'assemblée de Carentan

(1) Bridrey, oiw. cité, t. I, p. 12.

(2) Procès-verbal de l'assemblée des habitants du Tiers état de la ville de Carentan (1er mars 1789). Arch. dép., Manche, B non inventorié, publié par Bridrey, ouv. cité, t. I, p. 709-713.

(3) Procès-verbal d'assemblée de la communauté des habitants de la ville de Vire (26 février 1789). Arch, dép., Calvados, série B non inventoriée.

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