‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 322 sur 511 · LES ADRESSES DES VILLES · texte numérisé non relu

LES ADRESSES DES VILLES

apporte La cocarde nationale rouge et bleue « telle que le roi l'a reçue de AI. Bailly, prévôt des marchands, lors de son entrée à Paris ». Le duc l'arbore à son chapeau, ton les les personnes de sa suite l'imitent ; l'après-midi on la voit aux coiffures de tous les militaires et de tons les bourgeois 'l >. A Granville, sur l'initiative de la Chambre littéraire, des réjouissances publiques turent organisées. Les édifices publics furent illuminés, une garde d'honneur fut placée à la porte de Perrée Duhamel, député aux Etats généraux ; on distribua du froment et du riz aux pauvres. Deux adresses de remercîments furent envoyées, l'une à l'Assemblée nationale et l'autre à la municipalité de Paris. « Si nous avions « tremblé pour nos pères adoptifs, disait la première, si nous avons « frémi en apprenant que les enfants de la patrie étaient massacrés « par des cohortes étrangères, si nous versons des pleurs sur nos o frères de Paris qui ont cimenté de leur sang la liberté, leurs « mânes s'indignent de nos larmes. L'étendard de la victoire u flotte sur les ruines du gouffre du despotisme ». — « Vous avez sauvé le royaume de l'anarchie », écrivait-on aux Parisiens (2). Ces manifestations étaient absolument spontanées ; nul mot d'ordre officiel n'avait présidé à leur organisation, témoin cette lettre du subdélégué de Granville à l'intendant! : « Je n'ai jamais « vu une plus belle joie, on célébra la paix et la liberté. Vous me « direz sans doute (paon aurait dû attendre des ordres pour se « livrer aux fêtes et pour en faire la dépense ; mais il est des cir- « constances impératives et pour ne pas voir commencer des « mouvements de sédition, il faut avoir l'air d'aller au devant « des vœux qu'il serait dangereux de contrarier » (3).

Ces explosions fiévreuses de l'enthousiasme populaire n'étaient pas sans danger ; elles révélaient une agitation profonde des

(1) Arch. comm., Cherbourg. Registre «les délibérations, BB5, séance du 21 juillet 17«9. A Carentarij un Te Deum est chanté If -20 juillet pour célébrer « la réunion «le tous les ordres de lu nation ». Aïch. comm., Carenlan, Registre des délibérations.

(2) Arch. comm., Granville. Registre des délibérations.

(3) Arch. dé|)., Calvados, C 6351. Lettre de Couraye-Duparc à l'intendant, 21 juillet 1789. D'autres adresses, destinées à célébrer l'heureuse réunion des trois ordres, furent envoyées à l'Assemblée nationale, par le bailliage «le Cérenees le G juillet, par les officiers municipaux de Coutances le 27 juillet, par les communes réunies du bailliage de Morlain (sans date), par le bailliage el présidial de Coutances le 28 juillet. Arch. nat., C 88, 89 et 90. — Le retour de Necker, « le ministre-citoyen », le « Sully du XVIIIe siècle », fut aussi l'objet d'adresses de félicitations de Saint-Sauveur-lé- Vicomte (29 juillet), ïbîd., C K9. et des officiers municipaux d'Avranches (28 juillet), Ibid., C 9J.

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