‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 345 sur 511 · LES COMITES DE CAEENTAN ET DE VIRE · texte numérisé non relu

LES COMITES DE CAEENTAN ET DE VIRE

nouveau maire et choisit le chevalier de Gassé C1)'. Mécontentement du peuple qui n'est intervenu en rien dans ce choix. Le 9 août, les maire et échevins de Cherbourg s'assemblent « pour délibérer sur les meilleurs moyens de concilier les lois de la constitution municipale avec le vœu général des citoyens, pour fixer une harmonie imperturbable et donner à l'hôtel de ville un caractère authentique à l'instar de Paris et des principales villes du royaume » ; ils invitent à siéger et à délibérer avec eux dans les assemblées d'administration communale les électeurs délégués par les divers corps et corporations de la ville pour l'élection aux Etats généraux ('2\ Sous cette forme nouvelle, l'hôtel de ville s'intitule dans les actes officiels « Corps municipal et national », plus rarement « Comité municipal et national ».

A Carentan, le 31 juillet, se forme un Comité national et permanent siégeant à l'hôtel de ville, « sorte de tribunal pour assurer l'ordre et autoriser tels règlements qu'il jugera convenable pour le bien du service ». Il se compose d'un président, Bouquet de Granval, de vingt-quatre membres parmi lesquels le lieutenant général du bailliage, le procureur-syndic du département, des avocats en majorité. Les maire et échevins et les officiers de l'état-major de la milice nationale en font partie de droit. Le 1er août, la constitution de ce Comité devient définitive par l'acceptation de tous ses membres. Il fixe son programme de travail et partage sa tâche entre eux de façon à assurer sa permanence (3).

A Vire, en présence des menaces quotidiennes d'insurrection, les officiers du bailliage écrivent le 28 juillet à la municipalité et l'invitent à convoquer une assemblée générale de la communauté, en vue de la création d'un Comité « comme il en a été formé dans plusieurs villes et notamment à Caen pour maintenir le calme, l'ordre et la tranquillité parmi les habitants et s'occuper de l'approvisionnement des halles ». Le 30 juillet, assemblée des maire, échevins, conseillers de ville, notables et de tous les corps et communautés. Pour éviter les embarras et le tumulte d'une réunion trop nombreuse, la ville est divisée en six sections correspondant aux six quartiers de la milice bourgeoise. Chaque section nomme huit députés : les 48 élus sont tous pris dans le Tiers état. Les ecclésiastiques, les nobles, les officiers municipaux, ceux des juridictions sont systématiquement exclus du Comité W.

(1) Arch comm., Cherbourg, BBS, Registre des délibérations, G août 1789. (•2) Ibid., 9 août 1789.

(3) Ibid., Carentan, Registre des délibérations, 31 juillet el Ier août 1789. .(4) Ibid., Vire, 30 juillet 1789. Registre des délibérations. — Cf. une lettre

338 LES COMITÉS DE TINCHEBRAY, TORIGNI, PERIERS

Dans la petite ville voisine de Tinchebrai, se constitue, dès le 19 juillet, un « Comité national de la bourgeoisie » formé de huit membres, dont le syndic municipal, le procureur du roi au bailliage, un prêtre, un médecin du duc d'Orléans. Le 30 juillet il se déclare permanent et s'attribue des fonctions de police et de justice (;).

Vers le même temps, « à la nouvelle des brigandages qu'on rapporte être exercés de tous côtés», se fonde à Torigni un Comité de huit membres, pris dans les trois ordres : deux ecclésiastiques, deux nobles, quatre bourgeois. Le premier acte de son existence ne date que du 4 août, mais il est certain que sa constitution est antérieure (2).

Le mois d'août voit naître des Comités nationaux permanents dans d'autres villes de la Basse-Normandie. Le 7 août 1789, à Périers, Lecaudey de Manneval se démet, à l'audience publique du bailliage, des attributions attachées à sa charge de lieutenant général de police. Le même jour on décide la formation d'un Comité provisoire. Il comprendra trente membres, à savoir un président alternativement pris dans les trois ordres, un viceprésident et vingt-huit membres partagés entre sept bureaux, un pour chaque jour de la semaine. Les élections ont lieu le 23 avril dans la grande nef de l'église. Pouret-Roquerie, procureur du roi au bailliage et député à l'Assemblée nationale, est nommé président d'honneur et Lecaudey de Manneval, président •'•>>.

Le Comité de Granville naquit d'une situation des plus troublées. Couraye-Duparc, que ses triples fonctions de subdélégué, de vicomte et de maire par brevet royal prédisposaient à l'impopularité, avait été chargé par l'administration de la vente de 1.500 sacs de blé destinés à l'approvisionnement de Granville. Un envoi de 575 sacs, pris sur cette masse, à la municipalité de Saint-Servan, le fit accuser de malversations. Un mécontent, Quinette de Cloizel, le dénonça « dans les cabarets et au bas

de Mauduit, ancien maire de Vire et conseiller au bailliage, à l'intendant. 9 septembre; 1789, Arch. dép., Calvados, C 2688.

(I) Arcb. comm., Tinchebrai. Registre «les délibérations, 30 juillet 1789.

i-2) Ihid., Torigni, D 36. Registre des arrêtés et des délibérations du Comité national de Torigni, 4 août 1789. — Dans une délibération de décembre 1789, il est l'ait mention de la lecture des délibérations constitutionnelles en comité « des mois de juillet et août derniers ».

(3) Arch. comm., Périers, Registre des délibérations, 23 août 1789. — Cf. Lerosay, Histoire de Périers, p. 109-110.

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