‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 344 sur 511 · LE COMITÉ PERMANENT DE CAEN · texte numérisé non relu

LE COMITÉ PERMANENT DE CAEN

pations d'ordre économique le souci de la sécurité publique et de la défense sociale. Enfin leur organisation, au lieu d'être livrée aux hasards des circonstances locales, s'inspira en général d'un modèle unique. Leurs statuts furent partout à peu près identiques. Ce fut Paris qui leur donna l'exemple. Le Comité permanent qui s'était constitué dans la capitale après la prise de la Bastille eut dans les provinces une légion d'imitateurs.

A Caen, le 22 juillet, au lendemain d'une dangereuse émeute, le duc d'Harcourt réunit les maires et échevins tant anciens qu'en exercice, les notables de la ville et les électeurs qui ont concouru à la nomination des députés aux Etats généraux. L'assemblée décide que le pain sera vendu à partir du lendemain à 2 sols 6 deniers la livre, quelles que soient les variations du prix du grain. Elle invite en même temps tous les citoyens « à se concerter avec la plus grande célérité et l'harmonie si nécessaire pour que, à l'exemple de Paris et des autres villes principales du royaume, il soit établi un Conseil propre à maintenir le calme, l'ordre et la tranquillité parmi les habitants, qui puisse de suite s'occuper des moyens si intéressants d'approvisionner les halles, d'en assurer l'ordre et le repos pour que les laboureurs puissent y apporter les grains avec confiance » (l). Le 23 juillet, une assemblée générale se réunit à l'hôtel de ville sur la convocation du maire, Ménage de Cagny. Elle comprend, outre les échevins nouveaux et anciens, le comte de Vendœuvre, ancien maire et 180 députés, quinze pour chacune des douze paroisses de Caen, Vendœuvre y rend compte des mesures prises la veille pour arrêter les désordres et l'on y décide, à l'unanimité, la formation d'un « Comité général pour veiller à la sûreté publique et à l'approvisionnement des halles ». Ce Comité doit se composer du maire, des officiers municipaux en exercice, des anciens échevins et de deux députés par paroisse, soit vingt-quatre députés. Le 24 juillet, le Comité se déclare en permanence de jour et de nuit, vu l'alarme générale ; le 27 juillet, il rend un « arrêté constitutionnel sur son organisation et la division du travail entre ses membres » (*2). Il se charge « des affaires de grande discussion, de la correspondance avec les députés de la nation, avec les ministres et les autres Comités des provinces ». Dans chacune des douze paroisses se forment des comités particuliers, auxquels les députés du Comité général iront rendre compte des diverses mesures

(1) Journal de Basse-Normandie, 1789, n° 30.

(2) Arch. comm.. Caen, BB 93. Registre des délibérations, 23, 2-1 et 27 juillet 1789.

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prises par ce dernier. Pour établir l'ordre et décharger le Comité général, quatre bureaux sont formés, chacun de six membres pris dans les comités des paroisses, à raison de deux par paroisse. Le premier bureau est chargé des subsistances; le deuxième doit veiller à la sûreté publique ; le troisième s'occupe des affaires relatives à la milice nationale; au quatrième incombe le soin de la police urbaine. Tous les soirs, les bureaux doivent soumettre les affaires courantes au Comité général qui rendra des arrêtés décrets et ordonnances immédiatement exécutoires. C'est donc un nouveau corps administratif permanent qui vient de se fonder sous le nom officiel de « Comité général national de la ville de Caen ».

ABayeux. c'est au milieu d'une crise très grave, au lendemain de l'arrestation de Delleville, pendant l'agitation qui suit le passage du duc de Coigny, que se fonde le Comité. C'est encore la municipalité qui, le 25 juillet, appelle à son aide les premiers citoyens de la ville : clergé, noblesse, bailliage, bourgeoisie des paroisses. Les députés de ces divers corps, réunis au corps municipal, forment h l'hôtel de ville une assemblée de 85 membres et s'autorisent de l'urgence et de la gravité des événements pour former un Comité général national provisoire. Il a pour président le maire, Larcher de la Londe, pour membres les échevins et notables, deux députés dû chapitre, un de la noblesse et 48 citoyens des douze paroisses de la ville 0). Le 27 juillet, le lieutenantcolonel du régiment de Lorraine et les commandants des volontaires nationaux y sont appelés.

A Cherbourg, l'hôtel de ville, établi par le règlement du 24 février 1778, subit le contrecoup de l'émeute du 21 juillet 1789. Les officiers municipaux ont été impuissants à la maîtriser. Ce sont les maisons du maire Garantot et d'un échevin Chantereyne qui ont été les premières pillées -). Le 25 juillet, le corps municipal, privé de son maire fugitif et d'une partie de ses membres, juge nécessaire d'appeler deux anciens notables « pour l'aider dans la multiplicité des affaires occasionnées par les circonstances ». Groult, procureur du roi à l'amirauté et Frigoult, colonel de la milice bourgeoise, lui sont aussi adjoints pour l'administration de la ville .W. Le 6 août, pour « faire cesser l'embarras » créé par l'absence de Garantot, le corps municipal se donne un

I Arch. comm., Bayeux, Di12, Registre «les délibérations, 25 juillet L789. 2) S un- ci-dessus, chap. XII, p. 314. (3) Arch. comm., Cherbourg, BB5. Registre des délibérations, 25 juillet 17é

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