LES COMITÉS DES BOURGS ET VILLAGES
sur-Noireau (l , Isigny (2), Sain t-Sauveur-le- Vicomte I3), Saint- Sauveur-Lendelin (4), des bourgs comme Villedieu (5), Montebourg <°), des villages même comme Argences (7), Troarn (8), Eterville (9), Urville-Hague(10), organisèrent leurs Comités permanents.
Ainsi, dès le début de septembre 1789, la généralité de Caen se trouvait dotée sur beaucoup de points d'un régime municipal issu de la révolution, qui allait durer sept mois, jusqu'à l'installation des municipalités légales établies par l'Assemblée constituante. Cette courte période vit s'opérer de nombreuses transformations dans le sein des Comités nationaux. L'esprit de la révolution, qui les avait créés et qui les animait, modifia assez fréquemment leur régime intérieur et leur composition.
A Bayeux, le Comité général est à peine installé que son autorité est discutée. Trois mécontents se mettent à la tête de l'opposition : un conseiller au bailliage, Gosset de Goville, un avocat Duhamel de Vailly et un ancien procureur Septier. Tous trois, en mars 1789, avaient été élus comme députés ruraux du Tiers
de Coutances; celles de Saint-Lô et de Valognes sont également muettes, niais d'autres documents révèlent l'existence de Comités nationaux dans ces trois villes, notamment : 1° Le procès-verbal de la conférence tenue à Saint-Lô le 10 décembre 1789, au sujet de la libre exportation des grains, par les députés des Comités du lîessin et du Cotentin (Arch. comm., Baveux. D i1! "\ Registre du Comité national de Bayeux) ; 2° L'état général des armes et munitions de guerre délivrées du 1" juillet au 1" octobre 1789 par le garde d'artillerie de Saint-Lô (Arch. dép., Eure, série E suppl. non inventorié. Chartrier du Champ de Bataille). Pour Coutances, voir en outre Arch. comm., Cherbourg, BB 11, Registre de correspondance, et FF 40. Cf. les adresses des Comités de Coutances et de Saint-Lô à l'Assemblée nationale. Arch. nat., C91 et 96.
(1) Lettre du Comité de Coudé, septembre 1789. Arch. comm., Condé-sur-Noireau, BB 7. — Acte de formation de la confédération de Coudé, 26 août 1789. Arch. nat., 0ivbis21,337.
(2) Arch. comm., Bayeux, D i13 '"\ Registre des opérations du Comité permanent et Arch. nat., C 100.
(3) Ibid., Cherbourg, FF 40.
(4) Arch. nat., C 92.
(5) Arch. comm., Villedieu, Registre des délibérations du 13 septembre 1789 au 8 janvier 1790.
(6) Ibid., Montebourg, Registre des délibérations, 16 août 1789. — Cf., Le Cacheux, Documents pour servir à l'Histoire de Montebourg.
(7) Arch. nat., D xxixbis 4, 48.
(8) Arch. comm., Caen, BB 93. Registre des délibérations, 7 septembre 1789.
(9) Ibid., Eterville. Registre des délibérations, 19 juillet 1789.
(10) Lettre de Paris, président du corps municipal et national d'Urville-Hague, 23 septembre 1789. Ibid., Cherbourg, AA 66. — Cf. une lettre du Comité de Cherbourg à celui d'Urville-Hague, 26 octobre 17*9. Ibid., BB 11. Registre des délibérations.
342 Troubles a bayeux
état du bailliage de Bayeux à l'assemblée électorale du bailliage de Caen(,). Mais, le 25 juillet, ils n'ont pas été désignés par les citoyens de Bayeux comme membres du nouveau Comité urbain. Indignés de cette exclusion, ils émettent la prétention de continuer à représenter les électeurs de la ville et des communes du bailliage, et comme « dépositaires des intérêts de la nation » jusqu'à ce qu'elle ait obtenu une constitution, ils revendiquent le 26 juillet le droit « d'assister à tous conseils, comités et assemblées qui se tiennent pour la police et sûreté publique ». Le 28 juillet, P « assemblée générale nationale » répond à leurs prétentions en arrêtant « que leur zèle était louable, mais leur droit nul ». La libre nomination du Comité par les députés des corps et des paroisses de la ville témoignait assez « que le mandat des électeurs pour les Etats généraux, s'il n'était pas fini, n'avait point d'application ». En même temps le Comité national, pour se procurer de nouveaux appuis, se complète en s' adjoignant l'évêque de Bayeux, le doyen du chapitre et Delleville, dont l'innocence a été reconnue et solennellement proclamée sur la place du château. Il nomme citoyen de Bayeux le chevalier de Buffon, lieutenant-colonel du régiment de Lorraine et frère de l'illustre naturaliste. En présence des rassemblements séditieux qui se forment sur plusieurs points de la ville, le Comité national croit devoir, dans une séance tenue le 1er août, et à laquelle assistent l'évêque et le doyen du chapitre, faire un appel pressant à la concorde. Il prend un arrêté pour mettre les bons citoyens en garde contre les chefs de faction et déclare illégales toutes assemblées qui seront réunies en dehors de ses convocations. Le 2 août, l'assemblée générale des électeurs des communes du bailliage lui annonce qu'elle a formé un Comité dont Duhamel de Vailly est président et Gosset de Goville secrétaire. Elle invite la municipalité de Bayeux à collaborer avec ses délégués pour former un Comité général national du bailliage. Un conflit sérieux s'élève entre les deux comités. Dans les deux camps on combat à coups d'arrêtés. Un partisan de Duhamel, Vautier, cherche à propager l'esprit de révolte dans la milice nationale : il menace de marcher sur l'hôtel de ville à la tête de quatre cents hommes, d'en chasser les occupants et de s'emparer des registres. Ces discordes intestines étaient très inopportunes : le peuple, mécontent de la cherté du sel, en avait exigé l'abaissement à 6 sols la
(1) Liste des députés des cinq bailliages particuliers à rassemblée du 16 mars 1781» (imprimée). Arch. greffe de la Cour d'appel de Caen, Registre n° 2.