INSTABILITÉ DES COMITÉS PERMANENTS
fondes. D'autre pari, les membres des Comités et des bureaux trouvaient trop lourdes les obligations qu'entraînait la permanence de ceux-ci ; les uns s'absentaient de Caen, d'autres s'acquittaient négligemment de leurs fonctions. Le bureau des subsistances, un instant déserté, faillit suspendre ses séances. Le 12 octobre, le Comité national donna sa démission collective. Il y eut de nouvelles élections le lendemain et d'autres encore le 3 novembre"). Dans un espace de temps très court, l'autorité s'était quatre fois déplacée. N'était-il pas fatal qu'à chacune de ses transmissions elle perdît de sa force et qu'on la vît fondre, pour ainsi dire, entre les mains des électeurs ? i2).
Dans les autres villes de la généralité de Caen, mêmes fluctuations de la vie municipale. A Carentan, après la démission du Comité, de nouvelles élections ont lieu le 13 septembre 1789 »3). A Tinchebrai, le Comité du 19 juillet, discuté par plusieurs mécontents et réélu une première fois le 11 août, décide sa suppression le 27 septembre ; le lendemain, l'assemblée des habitants rétablit une municipalité de neuf membres (un maire et huit échevins) et y fait entrer les neuf démissionnaires (4). A Périers, où le nombre trop élevé des députés menace de rendre les délibérations tumultueuses, le Comité est réduit de 30 à 16 membres (5).
(1) Aux élections du 13 octobre, Duclos le Goupil l'ut président du Comité, et Pille!, le jeune, vice-président; quinze jours plus tard, le 28 octobre, Signard d 'Ouf fi ères succéda au premier et Bougon-Longrais au second ; au renouvellement général du Comité du .'î novembre, de la Rue fut élu président ; sur son refus, la présidence fut donnée à l'abbé de Jumilly qui la conserva jusqu'en février 1790. Arcb. comm., Caen BB93, Registre des délibérations.
(2) Le 1(3 octobre 1789, Duperré de Lisle écrivait au président de l'Assemblée nationale : « Un nouveau Comité qui a élé ordonné pour Caen a pensé à se former... Ce Comité est sans force. » Arch. nat., D xxix 29. — Dans une brochure spirituelle et mordante, publiée sous le voile de l'anonyme par un royaliste militant, Midy, l'autorité du Comité caennais est bafouée en ces termes : « Tu sais ce qu'on entend par ce mot « Comité » ? C'est un las de gens pris de tous côtés, qui se sont assemblés je ne r-ais comment, qui jugent je ne sais quoi, et qu'on obéit je ne sais quand. Le plus comique des Comités est bien celui de Gêna [Caen]. Ce Comité est une girouette donl nous sommes les vents. » Lettre de l'honorable .Jean Rablu. maître croebeteur et, caporal-major de la milice de Céna, à l'honorable Pierre Tulxeuf, garçon bouclier de Poissy. 17:»), in-8°.
3) \rch. comm., Carentan. Registre des délibérations, 13 septembre 1789. L'élection des 28 membres eut lieu sur les remparts.
1 Hii'l.. Tinchebrai, Registre des délibérations, séances des 11, 12. 14 aoiU, 27 et 28 septembre 1789. Le 14 août, condamnation de trois perturbateurs du repos des citoyens, qui les excitent au renversement du Comité : l'un d'eux, de la Filanchère, est expulsé de la ville.
5) Ibid., Périers, Registre des délibérations. 8 novembre 17S9 : élection dans l'église de la ville. Lecaudey de Manneval resta président.